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Abdoul Mbaye écarte toute dévaluation

Mardi 15/02/2011 | Posté par Papa Keita

L’ancien directeur général de la Banque sénégalo-tunisienne (Bst), Abdoul Mbaye, a estimé qu’à l’état actuel de la crise ivoirienne, il est prématuré d’envisager une nouvelle dévaluation du Franc Cfa. Toutefois, il redoute que les billets de banque prélevés illégalement dans les caisses de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (Bceao) par le camp de Laurent Gbagbo n’entraînent une inflation et un ralenti de l’activité des importations

Depuis l’éclatement de la crise ivoirienne le 28 novembre dernier, ce n’est pas seulement comment faire partir Gbagbo sans trop de dégâts qui préoccupe les autorités de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa), mais aussi comment sauver l’ de la Côte d’Ivoire. Qui, à elle seule, représente 40% de la zone monétaire ouest africaine. Et la persistance de la crise a semé dans les esprits la peur de voir une nouvelle dévaluation du Franc Cfa, après celle de 1994. Mais, pour l’ancien directeur général de la Banque sénégalo-tunisienne (Bst), Abdoul Mbaye, cette probabilité est très mince. Selon lui, en l’état actuel de la crise, il est très prématuré d’envisager la dévaluation.  

« La crise en Côte-d’Ivoire ne va pas entraîner une dévaluation. C’est trop tôt pour le déclarer », fait-il remarquer, au cours d’une conférence qu’il donnait à l’occasion des vendredis de Sup Deco sur le thème : « Développement du système bancaire dans l’espace Uemoa, le Sénégal en particulier ». Toutefois, le banquier prêche pour un retour à la stabilité, afin de maintenir la Côte-d’Ivoire dans son rôle de locomotive de l’Uemoa. 

Même si la dévaluation est pour le moment écartée, ce sont les effets de la crise postélectorale ivoirienne sur les réserves extérieures communes de l’Uemoa qui inquiètent Abdoul Mbaye. En effet, la Côte-d’Ivoire est le contributeur le plus important dans la zone monétaire. Et quand on parle souvent de contribution de devises, poursuit Abdoul Mbaye, il faut penser à la contribution nette. C’est-à-dire qu’il y a possibilité, avec le blocus auquel le pays est soumis au plan international, qu’il y ait moins d’entrées dans les importations d’une part, et de sortie dans les exportations, de l’autre.

Les faits semblent lui donner raison, puisque le marché du café et du cacao, dont la Côte-d’Ivoire est la première productrice mondiale, est en train de souffrir de la crise. Pour tenter d’asphyxier le régime du président sortant, le président Alassane Dramane Ouattara, reconnu par la Communauté internationale, a en effet ordonné l’arrêt des exportations jusqu’à fin février. « Le prolongement de la crise risque d’affecter toute la zone monétaire, dans la mesure où la Côte-d’Ivoire est une zone de transit important vers les pays comme le Mali et le Burkina Faso », explique Abdoul Mbaye.

Papa Keita -