AFRICADOC dope le ciné africain
Vendredi 19/02/2010 | Posté par Papa Keita
Les 20 et 21 février, l’institut français en collaboration avec Africadoc va présenter une collection de dix films documentaires entièrement réalisés par de jeunes africains. Les membres de cette structure ont fait part de leurs attentes face à la presse.
Ça fait un bout de temps que je n’avais pas mis les pieds à l’Institut culturel français. La dernière fois, c’était lors de la venue du "french Doctor" Bernard Kouchner, ministre des Affaires Etrangères, au mois de juin dernier. Et lorsque je m’y suis rendu de nouveau, c’est pour tout autre chose.
En effet, l’Africadoc, une structure qui œuvre pour la promotion du cinéma africain y présentait une collection de films. Dix au total. Destinés à susciter chez les Sénégalais et les Africains un regain d’intérêt pour le cinéma africain.
Dans une salle à moitié vide, rafraichie par des splits mis à fond, les membres d’Africadoc on fait face à une poignée de journalistes.
D’emblée, Maty Gueye représentante d’Africadoc au Sénégal assène ses vérités. Pour elle, sa structure vise à former des jeunes africains cinéastes. Qui seront en mesure de reproduire à la vérité près les réalités du continent noir. "Nous voulons que les réalités africaines soient racontées par les africains eux-mêmes", constate-t-elle. Ceci pour inverser la tendance actuelle des choses qui laisse place à une déformation de notre propre histoire.
Créée depuis 2002, Africadoc a aussi dans ligne de mire, la création d’espaces de rencontres qui réunissent des producteurs européens et africains, afin de permettre aux auteurs-réalisateurs de présenter leurs projets. A l’attendre parler, on peut conclure que les fruits ont tenu les promesses des fleurs. Car, de ces rencontres, les producteurs du Nord et du Sud ont eu à nouer pas mal de sainte alliance. L’exemple le plus illustratif est la collection documentaires de dix films réunis autour de "Lumière d’Afrique".
Au chapitre des doléances, Gora Seck visiblement amer du sort des cinéastes africains, regrette la faible mobilisation des autorités à leur côté. Alors qu’il en est à sa sixième production, il n’a jamais bénéficié d’un coup de pouce de l’Etat, soutient-il, excédé.
Jouant sous le registre de la sensibilité, Etienne Rougerie, attaché audiovisuel de l'ambassade de France au Sénégal s’érige en bouclier aux films africains qui manifestent des signes de déclin faute de soutien de taille.
Sur un ton solennel, il rassure et assure, que la France aime le cinéma sénégalais. Et que leur engagement va dans le sens de permettre aux acteurs du secteur d’être autonomes, de voler de leurs propres ailes. En d’autres termes, qu’ils soient au début et à la fin de leurs productions. Cet Etienne, on aimerait bien le croire ! Poursuivant sa pensée, il renseigne que son institution a eu à envoyer de jeunes cinéastes en France pour qu’ils se forment avec les meilleurs maîtres du moment. Mais aussi leur donner la chance de présenter leurs films lors des festivals, à l’instar de Cannes ou d’Angoulême.
Cependant, il serait curieux de voir comment l’Africadoc à travers ses films et documentaires, va s’imposer dans les mœurs sénégalaises parasitées par les Télénovelas de tout acabit.
Papa Keita -
Par MG