Agriculture : « la création de compagnies d’assurances doit être une priorité »
Dimanche 10/05/2009 | Posté par René L. Fonséca
Une conférence sur la sécurité alimentaire s’est tenue ce dimanche pour l'ouverture des 44e Assemblées annuelles de la BAD à Dakar. La BAD a rappelé qu'elle avait engagé 700 millions de dollars pour la mise en place d'infrastructures agricoles.
M. Aly Abou-Saba, directeur de l’agriculture et de l’agro-industrie de la Banque africaine de développement, a reconnu la complexité du secteur agricole en Afrique, avec des infrastructures qui laissent à désirer. L’accès au crédit pour les agriculteurs est ainsi une des grandes priorités de la Banque, a-t-il précisé. Concernant la crise alimentaire, M. Abou-Saba a assuré que la BAD a su rapidement développer sa réponse avec une assistance à court terme pour les agriculteurs. Par exemple, un soutien à l’agriculture de 700 millions de dollars a été établi pour la mise sur pied d’infrastructures agricoles, dont des barrages…
M. Mohamed Mansouri, le chargé des affaires supérieures du Fonds International pour l’Agriculture et le Développement (FIDA), a plaidé pour une lutte contre la pauvreté qui selon lui doit forcément passer par l’agriculture. Il a aussi défendu l’idée de l’augmentation des engrais. Gilles Peltier, directeur général de l’Agence Française de Développement (AFD), a annoncé de son côté qu’un fond agricole pour l’Afrique va être mis sur pied en collaboration avec le FIDA, l’Alliance pour une Révolution Verte en Afrique (AGRA) et la BAD. Pour lui, la demande mondiale en produits alimentaires nécessitera un doublement de la production alimentaire d’ici à 2050. Les prix des matières premières vont rester élevées, a estimé M. Peltier. Il a également souligné que l’agriculture africaine n’est pas subventionnée par les gouvernements eux-mêmes mais par les investisseurs et autres bailleurs de fonds.
D'autres intervenants ont eu à jouer leur partition dans le débat. Alassane Bâ de la BAD a évoqué la question de la création de compagnies d’assurances au niveau du secteur agricole, où l’insécurité est un vrai problème : « Il faut qu’on passe à la vitesse supérieure, car il n’ y aura pas de maîtrise de l’agriculture sans assurance » a-t-il précisé. Autre problème soulevé par Bâ : le financement de la vente des produits agricoles, devenu difficile depuis que les banques connaissent une crise de liquidités. « Un besoin de financement s’impose donc. Dans le cas contraire c’est le petit paysan africain qui va souffrir », a-t-il ajouté.
René L. Fonséca -
Par MG