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« Boutik Yi » : à quoi bon aller au supermarché ?
Vendredi 15/05/2009 | Posté par Sofyan17
A Dakar, les supermarchés sont la chasse gardée des couches les plus aisées de la population. Pour la ménagère moyenne, c'est presque un événement de s'y rendre (comprenez la toilette de fête qu'elle va mettre pour l'occasion). Chez nous, si on a besoin de faire des courses, on va voir le « Boutik Yi », le boutiquier du coin qui vend tout ce qu'on peut légalement trouver sur le marché et, plus intéressant, en quantité exacte dont on a besoin
Les structures commerciales, dans lesquelles les gens ont leurs habitudes à Dakar, ne sont pas, comme en Europe, les surfaces de grande distribution du type Casino ou Leader Price. Mais plutôt de petites échoppes, connues sous le nom générique de « boutiques », que l’on trouve un peu partout en ville. Le succès de ces « boutiques » s’explique en grande partie par le fait que l'on y trouve de tout, en vente au détail. Vous avez besoin de cigarettes, d’une savonnette ou d’une bombonne de gaz mais vous n’avez que quelques pièces sur vous ? Pas de problème ! Le boutiquier va vous vendre le nombre exact de cigarettes dont vous avez besoin, la moitié du pain de savon si c’est tout ce que vous pouvez payer et quant au gaz, il y a bien un moyen de négocier un crédit.
« Tout coûte cher maintenant mais les clients ont toujours les mêmes revenus », explique Dam Diop, 24 ans, gérant d’une boutique de la zone du Plateau. « Alors, autant leur vendre juste ce qu’il faut, à un bon prix. L’essentiel, c’est que les clients nous fassent confiance, parce qu’alors ils reviennent chez nous. » La confiance est en effet la clé de ce système de micro-vente car les prix sont en général fixés en fonction des estimations du gérant et donc si les clients s’estiment lésés, c’est à lui qu’ils vont s’en prendre. Il existe des exceptions à cette règle, comme les denrées de première nécessité (gaz, riz…) pour lesquelles l’Etat veille à ce que les prix de vente ne dépassent pas certains seuils ou encore les produits à prix fixe, comme les sodas, où c’est l’usine elle-même qui fixe ses prix aux commerçants mais, pour le reste, et surtout dans le cas du détail, on se base sur les estimations du boutiquier.
Pour ce faire, il calcule d’abord le prix de vente initial du produit, qu’il détermine en ajoutant une petite marge au prix de gros auquel il a acheté sa marchandise, puis il divise la somme obtenue par le nombre d’unité que contient le produit. Par exemple, pour déterminer le prix d’un chewing-gum, le boutiquier calcule le prix du grand paquet (en ajoutant sa marge à son prix de revient), qu’il divise par le nombre de plaquettes, puis par le nombre de chewing-gums que contient chaque plaquette. Le prix obtenu est le prix du chewing-gum qu’il vent au détail, en l’occurrence 15 Francs Cfa (environ 0, 023 €). Personne n'y trouverait rien à redire s'il vendait son chewing-gum à 17 Francs Cfa au lieu de 15 puisque c’est sa prérogative, d’où l’importance de la confiance que ses clients placent en lui.
Ce système de fixation des prix est surtout utilisé dans la vente au détail puisque c’est le boutiquier lui-même qui dose, par poids ou unité, la quantité de produit qu’il va vendre en les plaçant dans des sachets uniques. On peut donner plusieurs exemples de prix de ce genre : le cube Jumbo ou Maggi se vent à 30 Francs Cfa (0, 045 €), le sachet de poivre à 25 Francs Cfa (0,038 €), le bec de sucre à 5 Francs Cfa (0,0076 €), la chandelle à 30 Francs Cfa (0, 045 €) etc. Cependant, il n’a pas fallu attendre longtemps pour que les industriels flairent le filon : depuis deux à trois ans, on voit se multiplier sur le marché des mini-formats de produits connus, à l’image du stick instantané de Nescafé ou de la mini dose de Javel Lacroix. Si ces grandes firmes se sont lancées dans le microdosage, c’est parce qu’elles ont exprimé le souci de livrer leurs produits dans des conditions optimales de consommation, notamment vis-à-vis de l’hygiène, et donc de contrôler toute la chaine de production.
Cela pose néanmoins deux gros problèmes : le premier étant celui du prix, puisque l’on remarque que les mini-doses sorties de l’usine sont significativement plus chères que celles faites par le boutiquier (+20% dans le cas du stick Nescafé) et le deuxième, celui de la multiplication des déchets plastiques issus de l’augmentation de la masse des emballages produits par les usines.
Sofyan17 -
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Par Amadou