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Ce n’est pas un rallye, juste un blog : le Bondy-Dakar
Samedi 03/05/2008 | Posté par Nordine Nabili
A l'occasion de la cérémonie de remise du prix Albert Londres 2008 à Dakar, le Bondy Blog crée une édition africaine en partenariat avec le Cesti, l'école de journalisme de l’université Cheikh Anta Diop.
La première personne qui m’a pris par la main, à la sortie de l’aéroport, c’est un chauffeur de taxi. Quelques minutes et trois questions plus tard, l’ambiance du séjour m’imbibe. Un vent chaud souffle sur la corniche de Dakar et les paroles de Cheikh Ndiaye, au volant d’une étrange voiture, iranienne semble-t-il, sonnent comme des consignes : "On travaille, mais c’est difficile". Avec vingt trois ans d’ancienneté dans ce métier et des kilomètres avalés à raison de quinze heures par jour, son constat est amer mais son esprit est serein. La similitude des propos tenus le matin même dans les bouchons parisiens par le chauffeur qui me conduisait à Orly est frappante.
Un peu plus tard, rejoint par Serge Michel, j’entre dans une autre dimension, une ville dans la ville. C’est le campus universitaire Cheikh Anta Diop de Dakar. Cinquante-cinq mille étudiants, de grandes avenues, des ronds points, de petites échoppes le long des rues, des édifices majestueux et colorés, des chantiers, des espaces verts, encore des taxis, très peu de deux roues. Et partout, des étudiants par dizaines, par centaines, qui remontent à pied les artères. De la matière grise concentrée sur quelques kilomètres carrés, sur la plus belle pointe de l’Afrique de l’Ouest.
La salle est climatisée et aucun étudiant du Cesti - centre d’études des sciences et techniques de l’information - ne semble prêter attention à la petite musique qui accompagne le tournis du ventilateur. Serge et moi faisons un tour de table pour une présentation sommaire. Ensuite, nous abordons le vif du sujet : le projet de création du Dakar Bondy Blog. Quelques mots sur l’histoire de la maison mère française, basée en Seine-St-Denis, ses éditions locales à Marseille, Lyon et Neuilly. Et surtout, une présentation complète des objectifs et des méthodes de travail pour créer un état d’esprit et une dynamique vertueuse basée sur un traitement original de l’information.
Le blog va s’ouvrir ce samedi 3 mai, journée mondiale de la liberté de la presse. L’occasion de sa création, c’est la remise, pour la première fois en Afrique, du prix Albert Londres de journalisme, le 10 mai à la Chambre de commerce de Dakar. Entre la liberté de la presse et la figure tutélaire d’un très grand reporter, voilà un cadre qui devrait être de meilleure augure pour notre Dakar Bondy Blog.
La séance de travail démarre sur les chapeaux de roue. Les sujets fusent. Tout y passe, du simple phénomène de société aux grandes questions des relations internationales. Les énergies se coupent la parole, les propositions provoquent des débats. Je n’entends plus la soufflette de la climatisation, juste le clapotis régulier de Pamela, promue « greffière » de cette première conférence de rédaction. Déjà plus de vingt sujets sur la liste, et toujours cette même question : "Date de livraison de ton papier ?"
Comme à Bondy, Marseille, Lyon ou à Neuilly, les négociations sont rudes et certains sujets plutôt inédits, puisqu’ils proviennent de jeunes étudiants et citoyens, au lieu de journalistes chevronnés qui suivent l’agenda. Mais par quoi commencer ? Quel sera le premier papier du Dakar Bondy Blog ? Amadou raconte que ce matin, à l’université, il y avait des lacrymogènes. Fonseca a même tourné quelques images vidéo. Des événements que tout le monde juge banals, sur ce campus qui bouillonne de talents mais aussi de revendications. Un matin de lacrymogènes, comme à Bondy il y avait des matins de fumées de voitures brûlées pour la naissance du Blog en novembre 2005 !
Adjugé. Les lacrymos feront le premier sujet, même si ce n’était, ce matin, que quelques dizaines d’étudiants échauffés par les retards de paiement de leur bourse – rien à voir avec les émeutes dans les banlieues françaises il y a deux ans et demi. Suivront des articles sur les transports en commun, l’émigration clandestine, les petits métiers, les événements autour du prix Albert Londres, la culture, le cinéma, la vie chère et quelques insolites de la vie sénégalaise, comme l’histoire de ce voleur de téléphone portable, à Saint Louis, qui s’est jeté dans le fleuve une fois son forfait accompli. Comme il ne savait pas nager, sa victime s’est lancée à son tour à l’eau pour lui sauver la vie (à lire en VO dans quelques jours sur ce blog).
Aucun doute, le Dakar Bondy Blog est sur les rails. Je vais m’en occuper pendant dix jours avant d’en remettre les clés aux auteurs des textes que vous allez découvrir ici, afin que vive, longtemps, ce blog qui racontera l’Afrique avec la fraîcheur de la jeune équipe qui m’a accueilli à Dakar.
Nordine Nabili
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Réactions des internautes
Samedi 3 Mai 2008, 18:39
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Du courage pour l'initiative.
En tout cas c'est un plaisir pour moi d'apprendre que le Sénégal accueille la cérémonie de remise du prix Albert Londres. Bon séjour dans la capitale sénégalaise. Ne vous en faites pas pour les affrontements entre étudiant et forces de l'ordre c'est des choses qui arrivent ici. Mais vous apprendrez à aimer notre chèr pays.Répondre -