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Comprendre l’armée nigérienne
Mercredi 10/03/2010 | Posté par Papa Keita
Les coups d'état répétitifs sur le continent, en particulier au Niger, sont le fruit de l’incapacité des politiques à s’entendre sur l’essentiel.
La question peut être banale, mais elle mérite d’être débattue, remuée, et peut être même soumise à un exercice psychanalytique : pourquoi bon sang, il y a autant de coup d’Etat en Afrique ?
Depuis les indépendances, l’Afrique a connu plus de 95 coups d’Etat. Le dernier en date au Niger est un vrai cas d’école. Ce pays a vécu depuis son indépendance, pendant vingt et une année sous la valse des régimes militaires.
Pourquoi cette propension de l’armée à vouloir régenter la vie politique alors que c’est la tâche par essence des civils ? Cette équation a suscité la curiosité d’un groupe de chercheurs nigériens dirigés par le professeur Idrissa Kimba docteur ès Lettres et Sciences Humaines à l’université de Niamey.
A travers un ouvrage intitulé "Armée et politique au Niger", ces chercheurs ont tenté de creuser le mystère qui entoure les agissements de l’armée nigérienne. Pour Kimba qui présentait l’ouvrage, la cause principale de l’interventionnisme de l’armée est du fait de l’entêtement des hommes politiques à s’entendre sur un modus vivendi.
"L’armée joue un rôle d’arbitre", constate le conférencier. Elle régule le jeu politique, la réorganise avant de la transmettre aux civils. Et si ces derniers retombent dans leurs travers, elle intervient à nouveau.
Les crises politiques récurrentes ont toujours alimenté les casernes. Ce fut le cas en 74 avec l’arrivée au pouvoir de Kountché et récemment de Saliou Djibo le 18 février dernier.
Autre motif de l’interventionnisme, c’est le mépris qu’éprouvent souvent les politiques envers leur armée. Il est de coutume souvent de constater la naissance d’une armée parallèle à côté de celle nationale. Et cela est souvent mal perçu par les hommes en uniformes. Qui paient de leur vie à maintenir la défense du territoire nationale.
Mais aussi le fait de favoriser une caste de généraux au détriment d’une autre peut engendrer de vives tensions. On apprend par ailleurs qu’au moment de son renversement, Tandja s’apprêtait à mettre à la retraite un certain nombre de généraux qui ne lui étaient pas fidèles.
Pour remédier à ce fléau devenu une maladie incurable sur le continent, le professeur Kimba sans vouloir donner la panacée dit-il, suggère le respect des lois fondamentales qui régissent nos pays.
"Les visées monarchiques à vouloir se maintenir coûte que coûte au pouvoir desservent plus à l’Afrique qu’elles ne la servent", constate-il. Cela implique le respect des règles du jeu pendant le jeu et non avant. Pas sûr que l’antidote du docteur Kimba trouve preneur
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Par MG