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« Crise ou pas crise nous sommes obligés d’acheter »
Jeudi 30/10/2008 | Posté par Abdoulaye Sinkare
Cette année la rentrée des classes est intervenue en pleine crise : le prix des denrées flambe, les factures d’eau et d’électricité explosent, etc. S’y ajoute que la rentrée s’est intercalée entre deux fêtes, la Korité et la Tabaski, pour lesquelles les sénégalais dépensent beaucoup. Rentrée rimant avec liste de fournitures scolaires, Abdoulaye s’est rendu au marché central de Thiès pour voir comment se porte la vente
Vendredi, il est 16h à la librairie "Clairafrique Daniel Brothier" qui se trouve à un jet de pierre du marché central de Thiès (70 km de Dakar). Devant la porte, c’est le décor habituel. Rien de spécial, pas même une inscription du genre "Spécial Promotion de Rentrée". A l’intérieur, les libraires s’affairent. Ils sont tous occupés. Je m’approche du caissier et lui explique la raison de ma visite après les salutations d’usage. « Oh ! Vraiment je ne peux pas te parler, je suis très pris », se désole t-il. Mais, il me demande quand même d’aller voir ses collègues de l’autre côté. A l’endroit indiqué, je trouve un homme concentré sur son ordinateur mais qui accepte néanmoins de me parler. Selon lui, les clients viennent acheter mais il y a une baisse par rapport à ce qu’ils enregistraient comme ventes les années précédentes à la même période.
Au marché central, plus précisément sur l’avenue Amadou Gnagna Sow, en plus des étals et tables, remplis de fournitures, qui ont été implantés pour l’occasion, il y a trois magasins voisins qui sont connus pour leurs prix abordables. L’ambiance est tout autre. Il y a du monde et les entrées et sorties sont incessantes. Un haut-parleur disposé à la porte de l’un des magasins distille des notes de musique et sur le trottoir, une fille distribue aux passants des prospectus sur lesquels on peut lire : cahier 32 pages - 100 Francs (0,15 euros), crayon noir - 15 Francs (0,02 euros), stylo - 50 Francs, équerre - 30 Francs, etc.
J’entre à l’intérieur de la boutique en question pour trouver un interlocuteur. On m’indique le directeur, M. Mamadou Dia. Il me fait savoir qu’effectivement son entreprise a senti la crise car il y a une baisse au niveau des ventes. Raison pour laquelle il a fait du social pour cette année. « Nous avons réduit notre marge bénéficiaire, et sur certains produits comme les cahiers nous n’avons pratiquement pas mis de marge », confesse t-il.
De leur côté, les parents d’élèves se plaignent mais achètent tout de même car, comme l’explique cette dame qui était venue acheter des fournitures pour ses deux jeunes enfants : « il faut que nos enfants aient des fournitures pour pouvoir apprendre, donc crise ou pas crise nous sommes obligés d’acheter ».
Abdoulaye Sinkaré
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Par MG