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DAARA MOOL YI

Mercredi 28/05/2008 | Posté par Souleymane Sy

Une maison d'accueil pour les rapatriés d'Espagne

Depuis leur retour à Mbour (70 km au sud de Dakar), les jeunes rapatriés originaires de cette localité, après avoir tenté de gagner l’Espagne en pirogue, sont à la recherche de travail. C’est pour leur venir en aide que l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD), en partenariat avec le Ministère français des Affaires Etrangères, leur a accordé un financement. Celui-ci vise à la réinsertion de ces jeunes dans la vie sociale. Car ils sont sortis de leur long périple en mer démotivés, déçus et désorientés.

Pourtant les circonstances ne militent pas en leur faveur: le littoral sénégalais est soumis à une forte pression anthropique; la ressource halieutique n’échappe pas à une surexploitation et aux conséquences d’une mauvaise gestion de l’écosystème marin. La ville de Mbour est fortement touchée par ces problèmes de par son attachement social à la pêche, une des principales sources de revenus. Trois spécialistes de la médiation scientifique et le Groupement d’Intérêt Economique « And Liggey Tefess » ont aidé à la réalisation d’une maison communautaire dénommée Daara Mool Yi (la maison des pêcheurs). Cette initiative vise à modifier les comportements des futurs pêcheurs et à promouvoir la gestion intégrée à travers la médiation des connaissances et des processus de décision participatifs.

C’est un projet du Ministère des Affaires étrangères français. Cette année, Daraa Mool Yi a reçu une subvention de 10.000 euros pour promouvoir la recherche scientifique. Les objectifs poursuivis sont, entre autres, la valorisation des savoirs locaux et l’appui de leur transmission, la promotion des pratiques traditionnelles de pêche, le respect de l’environnement côtier et l’instauration d’une dynamique de gestion intégrée dans le secteur de la pêche. La Maison des sciences de la mer et de la pêche propose ainsi aux jeunes générations sénégalaises un espace d’apprentissage, d’enrichissement scientifique mais aussi de débats pour mieux envisager les futurs choix en matière de gestion des ressources et d’environnement.

Des actions de sensibilisation sont aussi menées pour encourager la scolarisation des fils de pêcheurs ou pour pousser les jeunes à prendre conscience des problèmes environnementaux. Les porteurs du projet mènent aussi une lutte contre la pollution marine. Ainsi, ils ont créé une bibliothèque constituée de fonds documentaires et audiovisuels offrant un accès à l’information et à la connaissance à un public jeune ou plus expérimenté. La diffusion des travaux s’appuiera sur des outils scientifiques multimédias en veillant à cultiver la curiosité du public. L’espace « Recherche » est agrémenté d’une bibliothèque, d’une vidéothèque et d’un desk multimédia. Des ateliers pédagogiques ont été organisés. Ils sont articulés autour de l’interaction entre les groupes scolaires et les ressources de la Maison des sciences de la mer et de la pêche. Durant toute la période du projet, des débats publics sont organisés et animés par des experts et professionnels du secteur sur les thèmes suivants: la sécurité en mer, l’hygiène et la qualité dans la commercialisation des produits marins, la pollution en milieu marin, la pêche illicite, la protection des ressources, etc. Actuellement, ils ont loué un appartement qui abrite le projet juste à l’entrée du quai de pêche.

A côté de ce projet, ils ont également mis sur pied une mutuelle d’épargne et de crédit pour la promotion de la pêche à Mbour. Après trois mois d’adhésion, les sociétaires de la mutuelle peuvent bénéficier de crédits, « s’ils sont solvables et crédibles », précise Ahmet Fall, responsable du projet. Actuellement elle compte près de 3.000 membres. « Elle fait du développement social », renchérit-il. Pour cela, les promoteurs font des enquêtes de moralité. « Ici, on se connaît tous », ironise-t-il. Selon lui, les partenaires étrangers étaient émerveillés par ces réalisations de la Maison de la mer et de la pêche. C’est pourquoi l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) a décidé de prolonger la durée du projet qui, normalement, devait prendre fin en juin prochain.

Souleymane Sy

Souleymane Sy -