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Dakar dans le noir

Mardi 10/06/2008 | Posté par Ousmane Diop

Depuis plus de quinze jours, les populations dakaroises vivent un calvaire à cause des coupures incessantes d’électricité. Les délestages intempestifs sont de retour dans notre quotidien.

A l’heure où la crise énergétique est d’actualité partout à travers la planète, le Sénégal, à l’instar d’autres pays non producteurs de pétrole est confronté à des problèmes d’ordre énergétique. La série de délestages intempestifs que vivent depuis plus de deux semaines les populations de la capitale sénégalaise est la conséquence du ralentissement de la production d’électricité de la SENELEC (Société Nationale d’Electricité) qui déclare avoir procédé à une installation d’une puissance totale de 632,9 Mégawatts(Mw). Pourtant, un sentiment d’espoir était né au lendemain de la mise en place de la centrale électrique de Kounoune 1, équipée de 9 groupes diesel de 7,5 Mw chacun, soit à terme une puissance de 67,5 Mw installée.

Les centrales électriques de Bel Air, du Cap des Biches, les sites régionaux ainsi que la centrale indépendante GTI n’ont pas suffi pour résoudre les délestages. Aussi, l’énergie hydroélectrique produite par le barrage de Manantali, grâce au partenariat signé entre le Sénégal, le Mali et la Mauritanie dans le cadre de l’OMVS (Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal), a diminuée du fait de la baisse du niveau de l’eau du barrage. Tout ceci fait que l’énergie produite est inférieure par rapport à la demande croissante des populations.

Partout à travers Dakar, il n’y a pas un seul quartier qui échappe aux délestages et les populations vivent cette situation avec amertume et désolation. L’électricité est devenue un produit rare que seules les familles les plus aisées peuvent espérer avoir pendant toute une journée quand elles se sont procurées un groupe électrogène. L’obscurité est désormais le décor de beaucoup de quartiers de la tombée de la nuit jusqu’au lendemain. Par exemple, entre deux quartiers frontaliers, si l’un arrive à avoir de l’électricité pendant une journée, ou au pire pendant une demi-journée, il sera dans le noir total le soir pendant que l’autre qui en était privé en aura jusqu’au lendemain et vice versa.

Dans beaucoup de quartiers, par exemple, quand il y a délestage pendant la nuit, il n’y a que la lumière des voitures passantes pour éclairer la rue. Et dans certaines zones isolées, le manque de lumière favorise souvent la multiplication des agressions. C’est le cas notamment à Guédiawaye, à Pikine, aux Parcelles Assainies, à Diamaguène (quartiers de la banlieue de Dakar), etc. Certains disent qu’ils préfèrent ne pas avoir d’électricité pendant la journée pour espérer en avoir le soir où il commence à faire très chaud dans les foyers, ceci pour être sûrs que leurs ventilateurs fonctionneront pour qu’ils puissent dormir dans une relative fraicheur. Interrogé sur cette situation, un habitant de la banlieue déclare : « On en a marre de tous ces délestages. On paie à la fin de chaque mois nos factures avant même la date d’expiration et voilà la SENELEC qui gâte chaque jour notre matériel à cause des coupures incessantes de courant. Maintenant on n’en peut plus. »

Les sénégalais sont habitués à ce genre de situation à chaque approche de la saison des pluies, période à laquelle il fait le plus chaud et où logiquement la demande d’énergie est plus importante. Mais cette fois ci, la donne à changé dans la mesure où c’est un fait généralisé dans Dakar; loin donc la période où il n’y avait que les quartiers de la banlieue comme Pikine, Parcelles Assainies ou Diamaguène qui vivaient ce calvaire pendant que le centre ville était éclairé jour et nuit. Désormais, de Dakar Plateau à Rufisque (30 km), en passant par la Médina, Grand Yoff, Grand Dakar, les coupures d’électricité font parties du lot quotidien de ces populations qui n’ont pas encore fini de manifester leur mécontentement et leur déception envers la politique énergétique que mène le gouvernais sénégalais depuis plusieurs années. Les quelques rares maisons ou petites entreprises qui possèdent des groupes électrogènes n’arrivent plus à s’alimenter suffisamment en énergie car les prix de l’essence et du gazole qui les font fonctionner ont augmentés à cause de la flambée spectaculaire du baril de pétrole.

A cause des délestages, beaucoup de gens ont perdu, soit un poste téléviseur, soit un réfrigérateur ou encore un ordinateur en raison des différences de tension. Autant d’appareils qu’un sénégalais moyen ne peut pas facilement avoir, tellement il supporte de charges importantes et est accablé par la hausse du prix des denrées de première nécessité comme le riz, l’huile, etc.

Mais, il est vrai que le Chef de l’Etat nous avait dit, il n’y a pas si longtemps que cela ne nous fera pas de mal de vivre quelques temps au charbon (pour la cuisine) et à la bougie (pour s’éclairer).

Ousmane Diop

Ousmane Diop -

Réactions des internautes

Le Daily Neuvième
Mardi 10 Juin 2008, 15:19
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Bon courage
On se rend pas toujours compte combien des choses évidentes, comme l'électricité, ne sont pas aussi évidentes que cela. Bon courage et bravo pour votre blog.

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Emmanuel
Mercredi 11 Juin 2008, 00:01
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Et les entrerpises
Et le drame c'est que les petites entreprises qui ont besoin d'électricité pour fonctionner (comme l'informatique, et bien d'autres) ne peuvent tourner qu'à 50%, à des heures imprévisibles et donc non plannifiables. Toutes ne passeront pas la saison chaude....

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dilgo
Mercredi 11 Juin 2008, 12:08
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Pendant la panne
C’est vrai que j’ai l’air d’un tendre, avec ma fleur dans les cheveux, les chasseurs ça ne m’étonnerait pas qu’ils me voient comme un lapin à tirer, en tout cas Paul, c’est sûr que lui il m’en aurait bien mis du plomb dans la viande, et il m’aurait laissé là crever dans la forêt de Barrou. Ah oui. Ce n’est pas un salaud, c’est un chasseur, qui se marre à l’avance de la fin du monde, quand les parisiens seront plongés dans le noir et n’auront que des rats à manger.


Normalement une panne ça dure le temps d’un orage mais celle-là je ne sais pas pourquoi, impossible de faire fonctionner le micro-onde, les lumières, la télé et surtout, de me connecter à la première ville-monde de l’histoire de l’humanité, Bondy. Allez savoir pourquoi, les employés d’Electricité de France avaient dû se prendre un pylône sur la tête ou alors c’était la centrale nucléaire de Civaux, elle avait séché. Bon bref, je me suis fait un petit tour en forêt pour profiter du soir d’été et puisque qu’Eléonore était au bal de danse bretonne, j’ai marché jusqu’à la maison de Gérald, le général de l’armée de l’air à la retraite (mon Saint Exupéry). On a joué à la bellotte, je n’aime pas ça, mais c’est l’occasion de boire du Cognac en fumant et en parlant de politique. Et c’était à la bougie dans la salle où le général donne les réceptions du Souvenir Français, je me sentais vraiment président de la république pour une fois. Même avec mes bottes crottées.

Le général trouve que je suis trop rêveur, oui, il faut certainement que je militarise mon image. «En cas de pépin, quand tout fout le camp, quand tout s’arrête, quand la chienlit envahit les rues, l’armée c’est tout ce qu'il nous reste pour survivre, monsieur le président. » Bref, je dois prendre la défense nationale au sérieux. Mon histoire de France algérienne, c’est pas une bonne idée. C’est très joli, c’est très beau, mais l’Algérie ce n’est pas la France, non. Il y a vraiment une grosse différence, et beaucoup de violence.

C’est à mon retour au petit jour, le lendemain, que j’ai rencontré Paul, le chasseur, il avait son fusil dans la main, nous étions seuls au milieu de la forêt, l’occasion était trop belle, mon instinct de survie a été plus rapide que sa maîtrise du tir, j’ai senti sauter l’écorce des arbres, je n’ai pas été touché. Au village, quand on se croise Paul et moi, on se dit bonjour, on fait comme si rien. On sait bien, nous deux, que c’est de la pure façade diplomatique. En vérité, on ne baisse pas la garde.

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