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Dakar - Tessékéré, un long voyage
Lundi 15/09/2008 | Posté par Youssouph Bodian
Dans le cadre des Vacances Citoyennes de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Youssouph a passé quinze jours, en compagnie d’une centaine d’étudiants de différentes facultés, dans le village de Tessékéré. Treize pénibles heures de voyage pour se rendre à environ 400 km de Dakar
Mardi 5 août, il est 9h du matin, devant le rectorat de l’Université, il y a de nombreux étudiants valises à la main. Certains vérifient leur nom sur des listes, d’autres sont déjà à la recherche de leur bus. Ils s’apprêtent ainsi à partir chacun à destination de la localité qui abritera son camp de vacance. Cette année, pour abriter les camps de Vacances Citoyennes, huit sites de l’intérieur du Sénégal ont été retenus : Niakhène, Nianing, Ross Béthio, Sokone, Widou, Tessékéré et Kédougou. Je pars pour Tessékéré.
Nous avons finalement pris le départ vers 10h30 à bord de trois bus. Malgré les nombreux embouteillages à la sortie de Dakar, nous parvenons à rallier Thiès (70 km de Dakar), la capitale du rail, aux environ de13h. Nous effectuons notre première escale devant la mairie en attendant que le reste du convoi nous rejoigne. Le bus "Tata" dans lequel nous étions, était très en avance par rapport aux deux autres. Après deux heures d’attente, ils étaient enfin là. Nous en profitons pour reprendre des forces avec des sandwiches et des boissons qui nous sont distribués en guise de déjeuner.
Vers 17h, la caravane a repris son chemin. Nous traversons, entre autres localités, Tivaouane la sainte, Mékhé avec ses fabriques de chaussures en cuir, Kébémer la ville natale du Président, et Louga la capitale du Ndiambour. Il est 22h quand nous nous arrêtons à Dahra. Cette fois-ci, c’est pour réparer un pneu dont la crevaison nous avait valu une escale d’une quarantaine de minutes entre deux villes. C’est l’occasion, pour certains étudiants, de passer les derniers appels téléphoniques et envois de sms, parce qu’ayant appris qu’à Tessékéré, le réseau téléphonie est inexistant. Le pneu réparé, on pouvait alors attaquer les 90 kilomètres qui nous séparaient de notre destination finale. Nous roulons sur une route en latérite et non éclairée. C’est tout à fait le contraire des nouvelles corniches et récents tunnels de Dakar. En plus des nids de poules, les chauffeurs devaient rester vigilants afin d’éviter les troupeaux de vaches, chèvres et moutons qui occupaient la route à certains endroits. Dans le bus, nombreux étaient ceux déjà dans un sommeil profond tandis que d’autres contemplaient le paysage malgré le champ de vision réduit.
C’est vers 23h30, après treize très longues heures de voyage, que nous sommes enfin arrivés à Tessékéré – forage. Le village est plongé dans le noir. Le sentiment de dépaysement se lisait dans le regard de certains étudiants qui en étaient certainement à leur premier voyage dans ce genre de localité. Sur place, nous retrouvons les membres des deux camps devant se rendre à Widou. Ils s’apprêtaient à embarquer à bord de camions de l’armée pour rallier leur base.
Le village de Tessékéré, où nous devons passer quinze jours de vacances citoyennes, est situé au sud de l’arrondissement de Yang Yang, dans le département de Linguère (nord est). Parmi la population qui y vit, on retrouve en majorité les ethnies Peuhles, Wolofs et Maures. Dans cette zone sylvo-pastorale, l’élevage est l’activité dominante. L’activité commerciale, elle, concerne toutes les ethnies et regroupe à la fois éleveurs, agriculteurs et artisans qui se réunissent tous les jeudis, jour de marché hebdomadaire.
Youssouph Bodian
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Par Anonyme