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Didier Drogba du ballon à la plume
Vendredi 04/07/2008 | Posté par Papa Keita
C’est Dakar qu’il a choisi comme première étape pour la promotion de son livre « C’était pas gagné », l’international ivoirien Didier Drogba y retrace sa vie. La vedette de Chelsea fait découvrir au lecteur son parcours de footballeur, son enfance, ses déceptions
Il est difficile de parler de soi, ou si l’on en parle, on risque de grossir certains détails de sa vie, de taire des événements malheureux ou de des les ignorer royalement, ce qui pourrait trahir la qualité du travail de l’auteur. Mais Didier Drogba a essayé de nous raconter sa vie en étant le plus neutre possible. Comme s’il était en équilibre sur un panier rempli d’œufs.
Nous sommes mardi 1er juillet 2008, il est seize heures. Drogba arrive dans les locaux de la librairie 4 Vents, en présence de plusieurs personnalités dont l’Ambassadrice de la Côte-d’Ivoire, de Saër Seck (vice-président du Comité de Normalisation du Football sénégalais et initiateur de l’Institut Diambars, un centre de formation sérieux), et de Thierno Seydi son manager, venus assister à la cérémonie de dédicace. Il est vêtu d’une chemise blanche prêt du corps et d’un jean bleu délavé. Le joueur de Chelsea suscite autour de lui un vrai tourbillon humain et fait sauter l’applaudimètre.
Drogba est en terrain conquis. Le choix du Sénégal, pour le lancement de son livre, n’est pas fortuit, même s’il est de nationalité ivoirienne, il est sénégalais de cœur. Mme l’Ambassadrice de la Côte-d’Ivoire au Sénégal a salué la dimension de l’homme, simple comme un moine, doux comme un agneau. Elle affirme au passage que Drogba est plus populaire que le Président Gbagbo autant à l’intérieur de son pays qu’à l’extérieur. Preuve que le capitaine de l’équipe nationale de Côte d’Ivoire Chelsea est célèbre : des rues portent son nom, des chocolats, des boissons, des danses aussi lui sont dédiées. Les Nations Unies ne s’y sont pas trompées en le nommant Ambassadeur. Titre honorifique qu’il partage avec Zinédine Zidane et Ronaldo.
Prenant la parole, Didier Drogba assure que son intention, dans ce livre, est de faire partager sa modeste expérience de footballeur aux générations futures et actuelles. De sa tendre enfance en Côte d’Ivoire (qu’il a quitté très tôt) jusqu'à son départ pour la France, il défriche les énigmes qui ont jalonnées sa vie. Il les retrace à l’instar d’une série de Télénovelas. Il évoque la crise ivoirienne et salue les avancées notoires constatées sur le terrain, et appelle toujours à la vigilance des uns et des autres. "C’était pas gagné" est l’œuvre d’un être infini qui cherche la perfection, là où elle se trouve. C’est presque une invite à toujours voir les choses du bon côté et à ne pas renoncer quelles que soient les difficultés de la vie.
En sortant ce livre Drogba a su montrer qu’il n’est pas habile seulement que du pied, mais qu’il sait aussi faire travailler ses méninges en produisant une œuvre littéraire digne de ce nom. Il ne laissera pas à la postérité que de belles phases de jeu et des buts d’anthologie, mais un fruit de l’esprit qui survivra au temps.
Humain et lucide, la star est revenue sur l’actualité nationale, marquée par l’agression de journalistes sénégalais après un match et a tenu à manifester tout son soutien à la presse sportive du pays.
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Par Amadou