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En attendant de nouvelles promesses...

Mardi 27/01/2009 | Posté par Mamadou Alpha Sane

2009 devait voir l'Université Cheikh Anta Diop entrer dans une ère nouvelle. Cela signifie concrètement que chaque étudiant aurait son propre ordinateur, pourrait se connecter à l’envie et, cerise sur le gâteau, les boursiers n’auraient plus à patienter pour percevoir leur bourse, chacun disposant de sa carte de retrait au guichet automatique d’une banque garantissant le paiement en temps et en heure. Qu'en est-il exactement ?

Jeudi 7 janvier, il est 9h21. Comme à chaque début de mois, l'esprit de tous les étudiants boursiers est tourné vers le guichet de paiement. Pas étonnant de voir tout un monde se bousculer à l'entrée principale du campus où, contrairement aux années précédentes, il faut montrer patte blanche avant d’entrer. « Votre carte d’étudiant s'il vous plaît! », voilà le refrain que chantonnent les vigiles toute la journée. La frontière franchie, je me rends au lieu privilégié de bon nombre d'étudiants : Le pavillon F, là où ils perçoivent mensuellement ce qu'ils appellent leur "dû". Sous ce bâtiment de 4 étages dont la construction laisse l'eau des toilettes filtrer, une marée humaine se forme dans un brouhaha indescriptible.

Comme tous les jours ouvrables, on se bouscule au guichet pour faire valoir sa carte auprès du caissier. D'autres préfèrent sagement attendre dans un coin l’arrivée de l'homme à la célèbre mallette. « Que se passe-t-il les gars ? Ousmane [Ndlr : le payeur] n'est pas encore là ? », demande Saliou, en mordant avec vigueur dans son pain.

A la question de savoir s'ils sont au courant que des cartes bancaires devraient être à leur disposition dès ce mois-ci pour le retrait des bourses, la réponse est sans appel : « C'est sans doute un poisson de janvier ! » s’exclament-ils avant d'éclater tous de rire. On est loin de me prendre au sérieux : « Il a des rêves un peu démesurés notre cher administrateur suprême », se plaît à dire S. N.

Et les étudiantes sont loin d'être plus tendres. M. T. S., étudiante en 3ème année de langues étrangères appliquées, n'a pas la langue dans sa poche : « On nous parlait du programme "un étudiant, un ordinateur", allez faire le tour des chambres et dîtes moi combien d’étudiants en disposent », avance-t-elle avant d’être coupée par une de ses camarade qui, pour ne rien arranger, laisse entendre que « Pas plus tard qu'hier, j'ai passé toute la nuit à essayer de me connecter mais j'ai pas pu. On nous disait Internet à gogo mais, que dalle ! Voilà pourquoi nous sommes en retard par rapport aux TIC ».

La longue attente des étudiants sera vaine. Le payeur ne s'est pas présenté, ce qui les rend coléreux : « On devrait envisager la manière forte les gars », lance un étudiant. Cela, les nouveaux bacheliers non-orientés ont déjà commencé à l'expérimenter avec les forces de l'ordre. Eux veulent se trouver une place parmi les 60 000 étudiants de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar alors que l'administration cherche, par tous les moyens, à revoir cet effectif à baisse. Un tableau aux reflets inquiétants.

Mamadou Alpha Sane -