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Fréquentation de la maternité de Ninéfescha. Les pesanteurs sociales constituent un frein.

Jeudi 14/01/2010 | Posté par Aïda DIOP

L’accouchement est gratuit. Mais, dans cette région déshéritée, les femmes enceintes hésitent à venir en consultation à l’hôpital de Ninéfescha. Solution? Aller les trouver dans leurs villages.

L’hôpital Ninéfescha est spécialisé dans la lutte contre la mortalité maternelle et infantile. Elle mène une campagne de sensibilisation depuis sa création. Il est implanté dans une zone où la médecine traditionnelle est fortement ancrée. 

Toutefois, la maternité peine à convaincre les femmes enceintes, en particulier, à se rapprocher d’elle. C’est pourquoi un programme de santé communautaire a été élaboré pour sensibiliser ces femmes. Il consiste, pour les médecins et les relais communautaires à descendre dans les villages environnants, les après-midi ou durant les week-ends. 
 
Cette démarche a un réel effet car une nette évolution de la situation a été constatée par les responsables de cet hôpital. Depuis la création de cette structure, cent vies de femmes ont été sauvées ; en moyenne, par an, même si la satisfaction n’est pas totale. Selon le Dr Yaya Baldé, médecin généraliste, «il y a beaucoup d’accouchements qui se font à domicile, avec les matrones. Et quand il y a complication, la famille de la femme enceinte a tendance à attendre que le mari soit là pour pouvoir l’acheminer vers l’hôpital». Ce retard à la prise d’une telle décision est préjudiciable à la patiente. A cela s’ajoute l’état des routes qui sont impraticables, surtout durant l’hivernage. De plus le principal moyen de transport est le vélo. Ces difficultés sont, en général, les causes de mortalité maternelle qui ne manquent pas à Ninefescha. De tels cas de décès sont estimés entre 4 et 5 par an. Ces femmes victimes présentent des complications très sérieuses lorsqu’elles arrivent, et leurs chances de survie sont souvent compromises. C’est pourquoi, pour prendre moins de risques, il leur est conseillé de déménager chez un parent qui habite prés de l’hôpital, dès qu’elles sont dans leur neuvième mois de grossesse.
 
La maternité de Ninefescha effectue en moyenne 200 à 300 accouchements par an, dont 150 césariennes. Les femmes sont bien prises en charge et n’ont pas grand-chose à envier à celles qui sont dans les capitales régionales. Les sages-femmes travaillent en collaboration avec des matrones qui ont reçu une formation paramédicale. Un service de gynécologie existe également à Ninefesha. Il est dirigé par le médecin militaire Mouhamadou Mansour Niang qui précise que «les patientes viennent de Kédougou, Saraya, Salémata». 

Le Dr Baldé, lui, assure en même temps l’intérim du directeur de l’hôpital. Il affirme qu’ils ont le nécessaire pour faire leur travail mais que l’hôpital a besoin d’être renforcé en équipements, en personnels pour la maternité. L’urgence de l’ouverture d’un service de pédiatrie est signalée. C’est parce qu’il n’y en a pas que les enfants sont pris en charge par les médecins généralistes - au nombre de deux. Les tout-petits sont le plus souvent confrontés à des maladies telles que le paludisme et la diarrhée. Les cas sérieux sont transférés à Tambacounda. Cet établissement de santé est financé par la fondation Education-Santé de la Première Dame de la République Mme Viviane Wade. Selon le Dr Baldé, l’Etat du Sénégal devrait s’impliquer davantage pour un meilleur fonctionnement de Ninefescha.

Aïda DIOP -