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Friperie : je t’aime, moi non plus.

Mardi 01/06/2010 | Posté par gbadson

Un peu partout à Dakar, les attroupements monstres autour des étalages de friperie font désormais partie du quotidien. Le « marché samedi » situé dans le quartier Castor n’en fait pas exception.

Il est 9h12. Les premières lueurs du jour viennent à peine de paraître. Pourtant, les marchands de friperies sont déjà présents. Ils ont pris d’assaut le terre-plein central du carrefour : avenue Bourguiba x Front de Terre et y ont construit, grâce aux bâches, des magasins de fortune.

Les articles exposés à la vente s’étalent à perte de vue, donnant aux lieux l’apparence d’un véritable capharnaüm : chemises, pantalons, tee-shirt, chaussures, chaussettes, pulls, sacs, draps…

Ces produits de seconde main, proviennent essentiellement de pays européens ou des Etats Unis. Ils représentent une grande partie du marché de l’habillement sénégalais. « Autrefois, notre clientèle était composée de personnes nécessiteuses. Actuellement, ce sont toutes les catégories socioprofessionnelles qui se bousculent pour venir s’approvisionner ici », déclare Moktar, vendeur de sacs à main au « marché samedi ».

Ce samedi, jour férié, le marché grouille de monde malgré la chaleur. Rien n’arrête les habitués des lieux, qui viennent régulièrement s’y approvisionner.

Il faut dire qu’en matière d’habillement, la mentalité des Dakarois a évolué, à en croire Zeyna, employée de banque : « Il y a quelques temps encore, il était considéré comme gênant de rencontrer une de ses connaissances dans ce genre de marché. » Mais les temps ont bien changé. Le passage au « marché samedi » de Castor est devenue pour certains, une sorte de pèlerinage obligé pour soigner son apparence.

Jadis réservé à une clientèle modeste, les fripes regroupent de nos jours, toutes les classes sociales de la population. De plus en plus, une clientèle aisée vient y déambuler. Nous avions été étonné de voir une cliente garer sa BMW avant de s’engager dans cette caverne d’Ali Baba.

Khady, la quarantaine, fait partie de ces clientes plutôt aisées. Elle ne se gêne plus pour fréquenter le marché. « Je m’en veux d’avoir dilapidé un argent fou dans les boutiques de prêt à porter, des magasins de luxe, avant de découvrir cet endroit. D’autant plus que je trouve ici les mêmes articles, mais à des prix dix fois inférieurs. Ce sont mes collègues de travail qui m’ont mis la puce à l’oreille. J’avais du mal à croire qu’elles aient trouvé dans des friperies tous ces beaux vêtements. Il a fallu que je le constate de mes propres yeux. Je viens de trouver un beau pantalon à un prix dérisoire. »

Si certains des articles exposés sont usagés, une proportion importante est toute neuve. Il s’agit notamment « d’articles de fin de série ou d’invendues d’entreprises européennes » toujours selon Moktar.

Daba, est une fidèle parmi les fidèles. « Je viens ici presque tous les samedis. Je viens d’acheter un jean et un tee-shirt à col roulé pour seulement 2000 FCFA. (3 euros).Il suffit de connaître les périodes d’ouvertures des balles et d’être chanceuse. » Raconte-t-elle, l’air malicieux.

Non loin de là, d’autres clients se servent à volonté autour d’un vendeur de chemises qui ne cesse de crier témère, témère (500 FCFA,  76 centimes d'euros en wolof).

Parfois, une altercation éclate entre les clients convoitant une même pièce. Alors, certains marchands ont trouvé la solution : ils mettent de côté leurs meilleures marchandises pour les clients fidèles.

gbadson -