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Gestion et valorisation des déchets d’équipements électroniques et informatiques en Afrique de l’Ouest

Dimanche 11/10/2009 | Posté par Ousmane Diop et Aïcha Senghor

Cheikh Diop est le coordonateur du projet de gestion et de valorisation des déchets d’équipements électroniques et informatiques en Afrique de l’Ouest, et de surcroît responsable de la sous-région. Présent lors du forum Acacia pour l’apprentissage et la recherche, il s’est prononcé sur l’importation de plus en plus massive de d’équipements obsolètes dont il dit qu’ils contiennent souvent des produits toxiques.

Partant du constat que l’Afrique reçoit de plus en plus d’équipements de seconde main sous forme de don, voire d’importation de toute nature, il ne va pas par quatre chemins pour passer au crible cette mauvaise pratique. Et n’hésite pas non plus à dénoncer l’attitude des plus hautes autorités qui ne font qu’encourager cela. «L’année dernière, au cours d’un voyage en France, le président Wade a demandé à ce qu’une région nous donne leurs ordinateurs obsolètes qui seront reconditionnés au Sénégal, dans un centre à Colobane. Ceci pose problème car ce sont des ordinateurs de 1ère et de 2e génération qui ne peuvent pas être utilisés», s’insurge-t-il. Ainsi, il estime que cela peut avoir des conséquences drastiques sur la vie des populations locales qui ignorent les dangers qu’elles encourent. «Même si ces ordinateurs contiennent des produits qu’on peut valoriser, tels que l’or, le plomb, l’argent, ils contiennent aussi des produits toxiques. Donc si nos récupérateurs veulent extraire les parties précieuses, cela va poser problème parce que la récupération peut avoir des effets négatifs, dit-il. Vous avez récemment entendu parler de l’histoire du plomb dans un quartier à Dakar qui sera peut être déménagé du fait d’intoxication du produit en question».

 Donc, selon lui, si nous ne voulons pas que l’irréparable se produise, il faut anticiper  par rapport à ces équipements, et essayer de prendre des législations dans les différents pays pour que les méfaits n’arrivent pas. Sans quoi, il n’exclut pas le pire. «Il faut prendre des garde-fous avant que ce qui est arrivé à certaines populations asiatiques [il ne sait pas si c’est en Chine ou en Inde, Ndlr] qui ont subi les effets de la tentative de valorisation des équipements ne nous arrivent au Sénégal, au Mali ou au Bénin», avertit-il.

En effet, commencé depuis 2007, le projet est destiné à trois pays qu’il vient de citer et s’étend sur 3 pays pour une durée de 2 ans. Et selon Cheikh Diop, il permet de faire des recherches concernant la gestion  et la valorisation des déchets d’équipements électroniques et informatiques dans la sous région ouest africaine. Et à la fin de leurs recherches, des propositions sont faites avant qu’un atelier régional regroupant les trois pays concernés ne soit organisé, afin de voir comment il faudra agir.

Par ailleurs, revenant sur le déroulement du forum Acacia pour l’apprentissage et la recherche (05 – 08 octobre) qui vient de se terminer à l’hôtel Méridien de Dakar, il déclare qu’il a été très heureux d’y participer. «Je suis vraiment heureux d’être là car cela m’a permis de nouer des contacts. Ce matin [l’avant dernier jour du forum], nous avons eu une session avec des chercheurs venus du Kenya, d’Ouganda, du Mozambique et nous en avons profité pour  parler de la nécessité de créer un réseau de chercheurs sur les effets de l’électronique puisque nous sommes confrontés aux mêmes problèmes. Ce sera un réseau qui regroupera les trois pôles régionaux africains, et peut être une fédération de ces trois pôles. En tout cas nous sommes d’accord non seulement sur l’idée d’un réseau, mais aussi d’un programme de recherche», affirme-t-il.

Ainsi, il se réjouit des apports du forum dans le projet et annonce un rôle très important que pourrait jouer l’université de Dakar. «Déjà, je parlais de ce réseau et de ce programme de recherche. Ces deux résultats me paraissent assez parlants, et la création de ce réseau verra l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar gérer le réseau  Afrique de l’ouest. Par ailleurs, deux autres pays lusophone et anglophone seront alliés au projet. L’Uganda s’est proposé de gérer le pole Afrique de l’est, et il  y aura également un pole pour l’Afrique du sud», conclut-il.

Ousmane DIOP et Aïcha SENGHOR

 

 

Ousmane Diop et Aïcha Senghor -

Réactions des internautes

naomed
Mercredi 14 Octobre 2009, 16:25
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manière abhérrente de poser le problème
Neuf ou usagé un ordinateur finira toujours pas être bon pour la, casse. Le problème n'est donc pas l'obsolescence de l'ordi mais du traitement ultérieur. Pour cela comme pour tout le reste d'ailleurs : les vieilles bagnoles, les batteries, les piles...

Quand à l'obsolescence des ordinateurs, laissez moi rire, s'il est vrai qu'un pentium IV duocore va beaucoup plus vite qu'un modèle III, le second est encore bien utile pour faire du traitement de texte et même du calcul. Surtout si le top est inaccessible financièrement.

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