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Haro sur les déchets plastiques

Jeudi 12/03/2009 | Posté par Hady Cisse

La ville de Dakar produit par jour une quantité importante de déchets dont une bonne partie est de nature biologique donc pouvant se dégrader naturellement. Les déchets plastiques ne faisant pas partie de ce lot, ils sont source de nombreux problèmes environnementaux

« L’Etat doit interdire les sachets en plastique ». Ce cri du coeur est de Me El Hadj Guissé, rapporteur des Nations unies sur les questions économiques et sociales. Il résume la situation alarmante de la capitale sénégalaise. Dakar produit chaque jour une quantité importante de déchets plastiques. L’apparition de phénomènes nouveaux et l’acquisition de nouvelles habitudes dans le comportement des populations ont entraîné une abondance de déchets plastiques. C’est devenu une habitude pour les sénégalais d’utiliser les sachets en plastique. L’usage industriel, commercial et domestique fait qu’ils sont très répandus dans les zones urbaines. Outre pour  le transport, ils sont utilisés comme panier ménager, emballage etc.

« Ce sont les sachets en plastique qui font que Dakar ne sera jamais propre », fulmine le rapporteur des Nations unies, qui a fait des rapports sur la gestion de l’environnement dans un pays asiatique. Le système de gestion et de traitement mis en place par la société de ramassage des ordures Véolia laisse en rade ce type d’ordures. À Mbeubeuss (dépotoir d’ordure de Dakar), les déchets plastiques se volatilisent souvent dans la nature. Dans les localités voisines de la décharge d’ordures (Yembeul, Malika, Rufisque), les sachets en plastique sont visibles partout. Cette situation est due à leur non biodégradabilité. Du coup, les déchets plastiques ont des impacts sur l’environnement.

Selon, une étude faite par Marie Mathilde Zombre Coulibaly, de l’Institut des Sciences de l’Environnement (ISE) de Dakar, ces déchets ont des aspects néfastes pour l’esthétique du cadre de vie et enlaidissent certains aménagements urbains. Dans sa thèse de troisième cycle soutenue en 1997 sur le thème « Production domestique, récupération et recyclage des déchets plastiques : cas des déchets plastiques à Dakar », elle démontre que les plastiques sont des menaces pour les animaux et les sols. Elle souligne que les micro-organismes agissent difficilement face aux déchets plastiques et empêchent les rayons ultraviolets de procéder au déroulement du processus physiologique des plantes. Dans son travail, Marie Mathilde Zombre Coulibaly est revenue sur les conséquences sanitaires de l’utilisation des sachets en plastique. Pour elle, l’inhalation des gaz émis par l’incinération du plastique serait aussi l’origine de certaines maladies cancérogenèses.

Sur la même lancée, Me El Hadj Guissé est plus catégorique : « Les sachets en plastique sont à l’origine des forts cas de paludisme qu’enregistre notre pays. Il faut voir tous les caniveaux bouchés. C’est ce qui favorise le développement des moustiques ». Prenant l’exemple de la Tanzanie, de l’Ethiopie et du Kenya, le rapporteur des Nations unies demande de supprimer les sachets en plastique : « Dans ces pays, chaque famille a son sachet en tissu pour le pain ou le marché, etc. », renseigne l’avocat qui défend maintenant l’environnement. Pour lui, la bataille pour l’élimination du plastique ne sera pas facile, mais il faut dénoncer leur utilisation : « Les plastiques nous coûtent cher. Il faut le dire pour le bien de nous tous », plaide t’il.

Hady Cissé

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