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«Hé camarade ! J’ai du pognon. Veux-tu m’héberger?»
Mardi 26/01/2010 | Posté par Mamadou Sané
Après l’affectation des chambres communément appelée codifications à l’Ucad, place au commerce des lits. Les étudiants non bénéficiaires de ces piaules mettent la main à la poche pour trouver hébergeur.
Tout flâneur dans le campus social de l’Université Cheikh Anta Diop ne manquera pas de noter ces jours-ci les nombreuses affiches qui y pullulent et sur lesquelles on peut lire : «Etudiant cherche hébergement et propose 50.000 FCFA (77 Euros) pour toute l’année académique». Ou encore, «Etudiant très sérieux cherche hébergement et propose 6000 FCFA (10 Euros) par mois».Bref, toutes les formules pour ne pas laisser indifférents les seigneurs des piaules de la cité universitaire. Aucun coin stratégique n’est négligé à cet effet. L’entrée des restos, les couloirs des pavillons, même ceux des facultés ne sont épargnés par ces étudiants en quête d’abris le temps que durera l’année académique.
Je me suis intéressé particulièrement à l’une d’entre elle, où, l’étudiant à la quête de mansarde, offre sur sa note la somme de 150.000 FCFA (230 Euros) cash pour toute l’année. De manière discrète, certains passants, bien sûr des étudiants, faisaient mine de s’intéresser à cette annonce mais prenaient de manière circonspecte le numéro qui y est joint. «Ce n’est pas tout le monde qui cracherait sur pareille somme, surtout pas un non boursier. Si j’avais codifié, je n’hésiterais pas une seconde à appeler le gars-là afin de conclure un marché avec lui», jure Max Diagne. Contrairement à des milliers d’étudiants, il a la chance d’être abrité par un copain de longue date.
La plupart des annonceurs proposent de s’acquitter du loyer mensuellement. Ils ont moins de chance d’appâter les détenteurs de clefs de chambre. Beaucoup d’entre eux affirment qu’en acceptant ce genre de marché, ils vont se retrouver plus tard dans l’impossibilité d’exiger de leur hôte le prix du loyer : l’amitié s’étant invitée entre eux à force de cohabiter. «Moi je suis dans l’incapacité de dire à un camarade étudiant comme moi de débourser une certaine somme d’argent pour continuer de dormir chez moi. Je préfère plutôt le faire gratuitement», assure pour sa part Ibrahima Sylla. Catégoriquement opposé au commerce des lits.
La situation est plus corsée chez les filles. Impossible de trouver des étudiantes disposées à faire de la place à des camarades qui en demanderaient. Elles servent toutes la même, sinon les mêmes réponses : promiscuité, rivalité, différence de tempérament… Et le souci du confort. Elles avouent que les garçons sont moins soucieux de ces détails. N’empêche, les affiches ne manquent pas pour soudoyer les plus fauchées d’entre elles. Un numéro de téléphone accompagnant toujours chaque offre.
Pour plus de 50.000 étudiants qui augmentent année après année, le Centre des Œuvres Universitaires de Dakar (Coud), chargé de leur accueil et de leur hébergement ne dispose que d’un peu plus de 6170 lits et de 6 restaurants. Ce qui donne une petite idée de la vie estudiantine à l’Ucad!
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Réactions des internautes
Mercredi 27 Janvier 2010, 11:34
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Plutôt que de laisser certains étudiants passer la nuit dans des endroits incroyables vu qu'ils viennent de l'intérieur du pays, les autorités universitaires feraient mieux d'accelérer la construction de nouveaux pavillons. C'est aussi dommage que tous les étudiants du Sénégal se voient obligés de venir à Dakar pour leurs études supérieures. Ils est temps qu'on pense à construire plus d'universités régionales capables d'accueillir des étudiants vivant dans les localités où elles seront implantées. C'et seulement ainsi qu'on pourra régler ce problème d'hébergement, même si c'est de manière partielle. Les étudiants n'auront plus besoin de vendre ou de sous louer leur lit. Et je sais que certains le font pour survire. Je parle en connaissance de cause.Répondre -
Mercredi 27 Janvier 2010, 21:32
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Si tous les étudiants étaient boursiers, il n'y aurait sûrement pas ce genre de commerce dans la cité universitaire. C'est la lutte pour la survie. Et y a pire que ce commerce de lits.Répondre -
Mercredi 27 Janvier 2010, 21:34
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L'UCAD est le Sandaga bis du Sénégal. Tout le monde y a accès. C'est dommage pour une université de référence en Afrique francophone. Il n'est pas trop tard pour y remédier.Répondre -