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Horreur au dictateur caché

Lundi 22/02/2010 | Posté par René L. Fonséca

On n’en parle presque jamais. Ce grand président guérisseur est l'un des derniers dictateurs d’Afrique. Il est plus que craint dans son pays, c’est peut être pourquoi l’homme se croit tout permis.

Mais qu'est-ce qui se passe chez le président de la République de Gambie Yayah Jameh? Il vient d’introduire auprès de la commission de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) une proposition d’amendement des dispositions relatives à la compétence et aux conditions d’accès à la cour communautaire de justice.

Pour parler peu et bien, le président gambien propose ces amendements pour que la cour soit affaiblie dans sa capacité à reconnaitre effectivement des cas contre les gouvernements tyranniques qui foulent au pied les droits de leurs citoyens.

Yayah Jameh a-t-il le droit moral- je pèse bien mes mots- d’initier un tel amendement ? Figurez-vous, que son pays, la Gambie, est cité devant la cour pour des violations graves de droits humains. Dans l’affaire de la disparition du journaliste Chief Ebrima Manneh, la Gambie n’a jamais répondu aux convocations de la cour. Elle a aussi empêché cinq agents de sécurité supposés avoir joué divers rôles dans l’enlèvement du journaliste, de comparaitre devant la juridiction.
Suis-je surpris par cette formulation. Eh ben non !! Car la Gambie est l’un des rares pays africains à n’avoir pas ratifié la convention des Nations Unies contre la torture, les traitements cruels, inhumains et dégradants. En Gambie, le gouvernement du président Jameh a réduit le système judiciaire à une force placée directement sous sa dictature. Yayah révoque les juges- selon son humeur- y compris les présidents de la cour suprême. Yayah s’assure que les décisions de justice qui vont à l’encontre de sa volonté ne soient pas exécutées…et la liste de Yayah est loin d’être exhaustive. La cour de la CEDEAO a été précisément mise en place pour protéger les citoyens contre de telles dérives. La cour communautaire de la CEDEAO est pour les citoyens Ouest Africains une importante protection contre la cruauté et l’arbitraire. Elle promeut un accès direct à un instrument judiciaire indépendant.
J’exhorte donc les gouvernements démocratiques de notre sous-région, les institutions et organisations, à protester contre l’adoption par la CEDEAO, des amendements proposés par la Gambie.

René L. Fonséca -