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Iba Der Thiam défend la pertinence du Fesman
Mercredi 22/12/2010 | Posté par Papa Keita
Les attaques musclées de l’opposition réunie au sein de Benno contre le Festival mondial des arts nègres n’ont pas tardé à trouver une réplique à la hauteur de la provocation. Et c’est le professeur Iba Der Thiam, président du comité scientifique, qui a apporté la charge. Dénonçant un mauvais procès à Wade
Lancé pompeusement, le troisième Festival mondial des arts nègres est parti pour être le festival des polémiques épiques. Après les tirs groupés des artistes mis à la touche pour la fête, c’est l’opposition regroupée au sein de Benno, qui ouvre le feu dans tous les sens. Avec à la clé une marche sous peu pour dénoncer la gabegie libérale. Face à ces attaques en règle, le professeur Iba Der Thiam, président du comité scientifique du Festival, est monté au créneau pour recadrer les choses.
Pour lui, prétexter des urgences socioéconomiques pour démolir le festival, c’est vraiment faire un mauvais procès à Wade. Car en 1966, date de la première édition du Festival mondial des arts nègres, le Sénégal avait aussi des priorités de tout genre, mais personne n’avait trouvé à redire. Par conséquent, attaquer Wade sur ce terrain relève en quelque sorte de la démagogie
«Le Festival c’est l’œuvre de Léopold Sédar Senghor. Comment est-il possible que des héritiers de Senghor peuvent contester sa pertinence ?», s’étrangle Iba Der Thiam. «Au moment où Senghor l’organisait le Sénégal avait bel bien des urgences. Est-ce qu’à l époque ils s’y sont opposés (Ndlr : les socialistes) pour lui dire d’investir l’argent ailleurs», lâche-t-il désabusé.
Visiblement très prolixe et très en verve, il poursuit bat en brèche toute accusation de libéralités dans les dépenses au cours de ce banquet culturel. Selon lui, la réappropriation culturelle de l’homme noire n’a pas de coût, mais elle a quand même un prix. Et ce prix est inestimable.
«Le Festival n’est pas une manifestation de prestige. Il vise à redonner à l’homme sa dignité tant méconnue durant des siècles. C’est aussi une occasion de montrer toute notre richesse culturelle. Le combat contre la domination culturelle, c’est le parachèvement de notre indépendance», argumente-t-il. Avant d’ajouter : «On a certes une indépendance, mais elle n’est pas encore accomplie. Parce que tous nos référents, nos paradigmes et nos modèles sont orientés vers l’extérieur».
Pour le professeur Thiam doublé aussi de parlementaire, l’Afrique et le Sénégal ont tout à gagné dans ce Festival. Car après des années de domination culturelle, de traite négrière et de colonisation, occasion ne pouvait opportune pour eux de montrer sur la table d’observation l’authenticité de la culture noire. Longtemps ensevelie par on ne sait quelle mauvaise interprétation de l’Histoire.
« Tant que vous n’avez pas déconstruit les vestiges enfouis dans la mémoire des Africains, vous avez beau construire des écoles, ils resteront attachés aux valeurs de l’autre croyant que c’est la meilleure», estime-t-il.
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Par Anonyme