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« Il est trop tard pour être pessimiste »
Mercredi 08/07/2009 | Posté par Youssouph Bodian
Le film « HOME » qui a été vu par prés de « 200 millions » de personnes et en a ému plus d’un dans le monde, depuis le 6juin 2009, a été projeté hier à l’Institut culturel et linguistique Léopold Sédar Senghor. Youssouph y était
« Trois-quarts des zones de pêches sont épuisées, en déclin, ou en limite de l’être. Le manque d’eau pourrait toucher près de deux milliards de personnes dans le monde avant 2025. Ou encore depuis cinquante ans nous avons d’avantage modifié notre planète que durant 200 000 ans », révèle ce film de Yann Arthus-Bertrand produit par Luc Besson. Les chiffres dévoilés dans ce documentaire sont alarmants. La température de ces quinze dernières années est largement supérieure à celle enregistrée les années précédentes. Conséquence : la banquise a perdu plus de 40% de sa surface. Il y a aussi la hausse du niveau de la mer et les inondations récurrentes.
Ce film d’une heure trente trois minutes est un plaidoyer sur le rôle important de la nature dans le développement. Une nature qui est malheureusement agressée par l’action de l’homme qui favorise le réchauffement climatique. Du ciel, Yann Arthus-Bertrand a braqué sa camera sur une cinquantaine de pays, nous offrant des images inédites. Ainsi, il montre un monde à deux facettes ou deux vitesses. D’une part les pays développés avec un mode de vie caractérisé par le « gaspillage ». D’autre part, il y a le tiers monde avec tous ses problèmes de survie quotidienne. Toutefois, ces deux mondes pourtant très distants ont en commun un sérieux problème écologique qui menace l’humanité.
Le documentaire explique aussi comment l’homme qui a pu profiter d’un climat propice pour s’installer sur la terre est en train de « manger » celle-ci. En effet, l'utilisation massive du charbon et du pétrole couplée à une exploitation massive de l'eau douce, des terres agricoles et des océans, amène un réchauffement climatique et un appauvrissement. Aujourd’hui, « Plus de 50% des céréales commercialisées est destiné à l’élevage à un moment où un milliard de personnes dans le monde ont faim ». L’eau et les céréales sont gaspillés afin d’alimenter les animaux qui croupissent par millions dans les élevages intensifs. Paradoxalement, le film montre des gens cherchant de quoi manger au milieu d’un tas d’ordures avec tous les dangers qu’ils encourent. Des scènes tristes dans un monde où « les dépenses militaires sont douze fois plus élevées que l’aide au développement et où 20% de la population mondiale consomme 80% des richesses. »
Plus la projection avance, et plus on est pessimiste. La situation empire tous les jours et l’issue apparaît comme dramatique et inévitable. Les problèmes sont trop nombreux et donnent l’impression de se multiplier de jour en jour : surpopulation, besoin d’énergie, manque de nourriture, manque d’eau, pauvreté, catastrophes climatiques, élevage intensif. Mais, à la fin du documentaire, Yann Arthus-Bertrand met une dose d’optimisme. Il donne des pistes pour changer les choses. « Home » prône l’utilisation des énergies renouvelables (éolienne, panneaux solaires,…) qui n’émettent pas de gaz à effet de serre et l’instauration d’un commerce équitable. « Je veux redonner de l’espoir à ceux qui vont le voir car mon objectif est de faire avancer la prise de conscience », a expliqué le réalisateur présent à Dakar.
Selon Yann Arthus-Bertrand et de nombreux scientifiques, il nous reste 10 ans pour changer les choses mais, peut-on encore réellement changer quelque chose ? Ce qui est sûr, c’est que c’est « à nous d’écrire la suite de notre histoire ».
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Par MG