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« Il faut sauvegarder l’esprit des cérémonies prénuptiales »
Mardi 28/04/2009 | Posté par Aida Dia
La culture sénégalaise, wolof en particulier, est très dense. Elle a hérité d’une panoplie de pratiques traditionnelles parmi lesquelles les cérémonies prénuptiales. Mame Sophie Dièye, 70 ans, est une conservatrice convaincue. Aïda l’a rencontrée
Pourquoi tenez vous tant aux cérémonies prénuptiales ? Parce qu’elles font partie intégrante de nous, de notre culture. C’est depuis nos ancêtres. Et il me semble qu’on devrait respecter et perpétuer ces pratiques même si selon l’Islam, ce n’est pas une obligation. La religion a trouvé nos ancêtres dans ces pratiques là. Et je crois même que l’Islam a beaucoup emprunté des traditions arabes. Alors pourquoi ne respecterions-nous pas les nôtres ?
Même si les coutumes en question vont à l’encontre de la religion ? Je suis profondément croyante. Je respecte toutes les injonctions religieuses et surtout j’apprends le Coran depuis mon jeune âge. J’ai aujourd’hui près de 70 ans. Mais je ne pense sincèrement pas que la religion musulmane est contre le fait de préparer les jeunes filles avant qu’elles ne rejoignent le domicile conjugal.
Comment préparez vous la jeune mariée ? Jadis, au retour des hommes de la mosquée [Ndlr : à la suite de la célébration du mariage religieux], la fille recevait d’abord ses amies. La "Badiène" [Ndlr : la sœur du père] était chargée de lui faire la toilette en récitant des versets et en la couvrant d’éloges du genre : « tu vas porter le collier que ta mère a porté avant toi. Ta grand-mère et tes ancêtres l’ont également porté. Tu ne fais que suivre leurs chemins. » Les paroles étaient si émouvantes que cette dernière avait du mal à contenir ses larmes. Elle faisait en fait allusion au mariage; à sa mère qui avait supporté toutes les difficultés dans sa maison. Elle, la nouvelle mariée, devait en faire autant. Ensuite, la "Badiène" lui mettait un pagne tout blanc autour des reins avant de la couvrir d’un autre pagne tissé. Sa sœur paternelle qui doit l’accompagner à son domicile conjugal est également couverte d’un pagne tissé. Dans la grande cour, une natte est étalée. Elles sont toutes les deux assises au milieu, les parents et amis prodiguent des conseils sous forme de métaphores, l’exhortant à rester humble, ouverte, réunificatrice, etc.
Pourquoi sa sœur paternelle ? Parce que la tradition le veut ainsi. Dans certaines familles, la sœur reste une semaine dans le domicile conjugal. Mais dans d’autres, c’est jusqu’au jour où elle se trouvera un mari à son tour.
Que se passe t-il ensuite ? Les frères et les oncles du mari viennent chercher leur promise pour l’emmener dans la maison conjugale. Mais, il peut y avoir de petits ennuis qui contribuent à pimenter la cérémonie. C'est-à-dire que les amies de la jeune mariée peuvent exiger une somme d’argent pour compenser la perte d’une des leurs. Ça s’appelle "wang wang". Elles accompagnent aussi leur amie avec des chansons à la fois coquines et tristes. Dans le domicile conjugal, l’attendent la belle famille, les cousins et son mari. Les femmes, c'est-à-dire les diams [Ndlr : esclaves au sens figuré, les cousines du mari], ont déjà préparé le couscous et la bouillie. Quand la mariée arrive, les ennuis sont encore là parce que les belles-sœurs de son mari, exigent aussi une somme d’argent en guise de réconfort parce qu’on leur impose une nouvelle venue. C’est ce qu’on appelle "Takkou Deun". Sinon, la mariée ne rentre pas dans la maison. Tout ceci dans une absolue plaisanterie. Sa belle sœur, la "Ndieuké" [Ndlr : la sœur de son mari], va alors ramper suivie de la mariée et de sa sœur. Ensuite, elle met trois fois du mil, du haricot et du sel entre ses mains et le déverse sur la tête de la mariée avant de la conduire à son mari. Le mari lui, est déjà dans la chambre. Il accueille sa femme quand elle arrive mais fait attention à ce qu’elle ne s’assoit sur le lit avant lui. Selon la tradition, celui ou celle qui est assis le premier va diriger l’autre. Et, comme l’homme est le chef de famille, il doit s’assoir en premier. La belle-sœur apporte ensuite la bouillie en recouvrant les mariés d’un pagne tissé. La "badiène" s’accapare de la première bouchée et la jette pour éviter les mauvais esprits. Ensuite, les tourtereaux peuvent se partager la bouillie tranquillement.
Sont-ils seuls pour la nuit ? Avant non .La "badiène" restait devant la porte. Elle était très inquiète du sort de sa fille. Si elle est vierge, le mari lui donne tous les honneurs et la couvre de cadeaux, d’or, d’argent. Le lendemain, une fête grandiose est organisée en son honneur. On montre le pagne témoignant de sa virginité en la couvrant d’éloges. Si la fille n’est pas vierge, elle déshonore toute sa famille. C’est pourquoi la nuit nuptiale, la "badiène" ne dormait presque pas. C’est regrettable parce qu’aujourd’hui cela n’existe presque plus même s’il y a des familles qui y croient encore. Maintenant, les hommes préfèrent amener leurs femmes à l’hôtel. On ne sait plus qui est vierge ou non. C’est la pagaille absolue.
Vous semblez nostalgique de cette époque ? Oui parce que je pense que cela est quelque part nécessaire pour maintenir un certain ordre. Aujourd’hui, les filles se donnent à n’importe qui alors qu’à notre époque c’était impensable.
Ces pratiques ne préservent pas la vie intime des gens. C’est vrai que l’on devrait éliminer certaines choses dans les cérémonies nuptiales, comme le fait de montrer le pagne qui témoigne de la virginité de la mariée à tous, etc. Mais, l’esprit même de ces cérémonies est important. Il faut donc le sauvegarder.
Propos recueillis par Ndèye Aïda Dia
Aida Dia -
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Réactions des internautes
Mardi 28 Avril 2009, 19:03
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ouahou ça éxiste toujours ces genres de cérèmonies
on apprends toujours de l'Afrique. je ne connaissai pas cette facette de la culture sénègalaise. L'interviewé est nostalgique de cette époque où la sénègalaise était à sa place. Mais bon le monde évolue. Mais à l'époque les sénègalaises étaient vraiment chastes ? Qu'arrivait-il à celles qui n'étaient pas vierges?Répondre -
Mercredi 29 Avril 2009, 21:08
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Slt. je l'ai dit dans le papier. Celles qui n'étaient pas vierges déshonoraient leurs familles. Selon certaines personnes, même si ces choses n'existent plus, le mari voit toujours d'un mauvais oeil que sa femme ne soit pas vierge. Il y'a des filles qui vont donc juska refaire leur virginité pour se faire respecterRépondre -
Mercredi 21 Avril 2010, 15:01
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la culture tout court
c'est bien dit ma soeur mais ce ne cloche pas ce de dire culture wolof toi mëme ton nom c'est DIA donc il se peut que tu soies deraciné tu povais t'arrëter à (LA CULTURE SENEGALAISE) tout court ni moins ni plus.
sinon j'adore la culture AFRICAINE
merci ma soeur
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Mardi 4 Mai 2010, 13:06
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← Re: ca fait chaud o coeur
je vois k de nos jours la generation actuelle a tendance a banaliser les traditions ki font ke les jeunes filles et les femmes n'ont plus leur place dans la societeje trouve k ces traditions ne font k valoriser davantage les femmes a savoir le respet la consideration l'estime et bien d'autres enkore une chose seulmem a bannir le fait de montrer le pagne preuve de la virginite de la fille o autres ca doit etre un secret entre les epoux les mamans et les badienes o cas ou et puis c'est tout
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