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" Il n'y a plus de complexe d'infériorité ou de supériorité "
Samedi 10/05/2008 | Posté par Hady Cisse
François Hauter est rédacteur en chef au journal « Le Figaro ». Hady l'a rencontré après la conférence sur "Médias et pouvoirs"
Présent à Dakar dans le cadre de la remise du prix Albert Londres, François Hauter, un des rédacteur en chef du journal « Le Figaro » et membre du jury, auteur d'un livre tout juste paru, Planète chinoise aux éditions Carnets Nord, exprime son point de vue sur la place de l’Afrique dans la presse française, les rapports entre les journalistes et les politiques en France, ainsi que l'offensive des chinois sur le continent.
Est-ce que vous avez dans vos rédactions des spécialistes de l’Afrique ?
Bien sûr ! D’abord, on a eu Patrick Saint-Exupéry. Actuellement, nous avons trois journalistes qui s’occupent de l’Afrique. Je m'en suis aussi occupé dans les années 80. Je pense que fondamentalement ça reste quelques chose de très important pour toute la presse française. Les relations évoluent. Il n'y a plus de complexe d'infériorité ou de supériorité.
Pourtant L'Afrique n'est présente que sous l'angle des conflits...
C’est toujours le constat. Un constat catastrophique sur le continent. Je pense que les Chinois sont arrivés en Afrique en pensant davantage la question comme une extraordinaire opportunité d’affaires. Du coup, cela a changé le regard de tout le monde. Les Indiens suivent et même les Européens se réveillent. L’Afrique est un continent plein de richesses qui demande d’être développé. De ce point de vue, je pense que la Chine a beaucoup changé la donne.
Il y a toujours une question qui reste un tabou pour la presse française, c’est la Françafrique ?
La Françafrique existe dans certains pays. Elle existe moins au Sénégal. Certains pays sont restés longtemps sous le régime de dictatures qui sont accrochées au pouvoir sans préparer leur succession. Au fond, elles sont assez liées psychologiquement à la France. On a l’impression que la décolonisation de ces pays est d’autant plus violente que tardive. Je parle du Gabon, du Congo, du Cameroun et quelques pays d’Afrique centrale. Je pense que les responsables français qui s’occupent de l’Afrique vont être obligés de changer complètement de regard.
En tant que journaliste d’un organe estampillé de droite (Figaro), est-ce qu’il ne vous arrive pas d’être manipulés ?
Dans notre service (international), nous n’avons pas de problèmes avec Sarkozy. Nous n’avons pas tellement affaire à lui. Nous avons un correspondant diplomatique qui le suit dans ses voyages. Autrement, les gens s’occupent de leurs secteurs. Avec Sarkozy, la diplomatie n’a pas vu de changements. Il a beaucoup parlé de changement, on n’a vu que des coups. Nous n’avons pas d’inflexions de la politique diplomatique française.
Quel est votre point de vue sur la presse africaine ?
Elle est très différente d’un pays à un autre. Ici au Sénégal, vous avez une pléthore de journaux qui expriment des points de vue assez divers. L’important, c’est de comprendre maintenant que c’est à vous d’affirmer l’utilité de votre presse comme nous. Nous sommes en phase avec nos responsabilités.
Hady Cissé
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