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« Il y a eu pendant longtemps une réelle démission de nos états dans la formation doctorale »

Lundi 14/03/2011 | Posté par Fidèle GUINDOU

« Cursus pour la formation au journalisme », tel est le thème de la rencontre qui a réuni du 1er au 5 Mars les écoles de journalisme francophones d’Afrique, dans les locaux de l’UNESCO à Dakar.

Qui est Madame ANATE Koumealo?

Je viens de l’université de Lomé et j’interviens à l’Institut des sciences de l’Information de la Communication et des Arts (ISICA).

Quels sont les enjeux de cette rencontre de Dakar ?

Cette rencontre est importante pour nous car c’est l’occasion pour les différentes écoles et instituts en journalisme de se rencontrer. Jusqu'à présent, chacun travaille de son côté et il n’y pas de réseau  d’échange, il n’y a pas de visibilité sur ce que chaque école fait. C’est l’occasion de partager les expériences et l’expertise dont regorge chaque institut, ce qui donne plus de visibilité  à nos activités. Elle permet de renforcer nos capacités, d’être plus efficace localement et aussi sur le plan international. Aujourd’hui, c’est comme ça que le monde fonctionne c’est à dire en réseau, car on est fort lorsqu’on est à plusieurs.

Quel est  le défi  majeur des écoles de journalisme dans la formation des journalistes de qualités de nos jours?

Le but d’une formation est de sortir des hommes et des femmes qui ont des compétences pour répondre aux besoins de la société, et je pense que la formation en journalisme ne déroge pas cette  règle. Et comment arriver dans ce monde en pleine mutation pour concilier et adapter son travail à l’exigence de cette mutation; tel est le défi qui s’impose au journaliste, il doit être constamment actuel et ne pas négliger les nouvelles technologies de l’information et de la communication qui sont indispensable à la bonne marche de son travail. La presse ne se fait plus de la même manière qu’il y a  10 ou 20 ans. Les écoles de formations doivent  s’investir dans la formation de qualité en se dotant de  matériels de pointe pour répondre à l’attente des citoyens. Il faut créer un lien entre la demande et l’offre.

Quelle est la relation entre les tics et le journalisme classique ?

L’usage des nouvelles technologies nées du progrès de l’informatique sont une chance pour la profession car c’est un gain de temps énorme pour le journaliste, elle lui  facilite son travail; que ce soit au point de vue collecte de données ou traitement de l’information. Je dirai même qu’il  a  une révolution au niveau des modes de fonctionnement du travail journalistique, mais pour cela il faut une formation à la base en informatique. La maîtrise de cet outil est indispensable pour améliorer la qualité du travail pour être plus compétitif sur le marché du travail.

Vous êtes la seule spécialiste en sciences de l’information et de la communication à l’université de Lomé, à quoi cela est dû?

Plusieurs facteurs rentrent en ligne de compte, au plan politique mais aussi au  plan de la formation à proprement dite. Il y a eu pendant longtemps une réelle démission de nos états dans la formation doctorale; moi je suis allé en Europe pour cette formation par mes propres moyens  et cela n’est pas toujours facile. D’un autre  coté cela entraine la fuite des cerveaux car les salaires ne sont pas trop incitatifs au Togo. L’autre aspect aussi est que les sciences de l’information et de la communication sont une nouvelle discipline, au Togo le département de formation en communication existe depuis 2004 seulement. C’est un défi pour nos pays d’encourager la formation des formateurs pour avoir une masse critique d’enseignants car il y  a une pénurie  même dans les disciplines les plus traditionnelles. C’est un problème de choix politique et volontariste.

Fidèle GUINDOU -