Dakar Bondy Blog Dakar Bondy Blog Neuilly Bondy Blog Lausanne Bondy Blog Business Bondy Blog Bondy Blog Lyon Bondy Blog Marseille Bondy Blog

RUBRIQUE :

Indépendance: retour sur les quatre années où tout a basculé

Lundi 05/04/2010 | Posté par Djiby Dia

Le Dakar Bondy Blog a rencontré l'ancien directeur des Archives nationales du Sénégal. Saliou Mbaye revient sur cette période glorieuse, à partir de 1957, qui a mené le Sénégal à l'indépendance.

Comment s'est faite l'indépendance du Sénégal?

Ce processus a duré de 1957 à 1960. Dès 1957, le Sénégal avait un conseil du gouvernement, avec Mamadou Dia comme vice-président. Pour la première fois, il va gérer le Sénégal. Dès ce moment, on a vu apparaître des mutations favorables à l'autonomie du Sénégal.

En juillet 1958, Dia devient le président du Conseil et dispose désormais de la réalité du pouvoir. C'est aussi à cette période que la capitale sénégalaise a été transférée de Saint-Louis à Dakar. L'objectif de Mamadou Dia, à l'origine de cette décision, était de couper court à toute velléité de revendications sur le statut de Dakar, convoité par les sept autres pays membres de l’AOF (Afrique Occidentale Française). On prêtait également aux «lébous»  l'intention de faire de Dakar une place indépendante.

En 1959, le Sénégal s'est doté d'une constitution et d'une assemblée législative, qui vote les lois auparavant votées par le parlement français. Le président Dia peut désormais prendre des décrets. C'était impossible dans la colonie, où l'acte administratif le plus élevé que pouvait prendre le gouverneur général était l'arrêté. Les décrets étaient de la compétence du président de la France. Ainsi le Sénégal se départit de l'ordre colonial par une rupture institutionnelle, ce qui lui confère une certaine autonomie. L'indépendance de 1960 était donc déjà préparée.

Dernière étape: le Sénégal accède à l'indépendance dans la fédération du Mali le 19 Août 1960, après une négociation avec De Gaulle. Le président Leopold Sedar Senghor a signifié à De Gaulle que «nous voulons l'indépendance dans l'amitié». Ce que le général accepta. L'Assemblée Nationale a ensuite voté la loi donnant l'indépendance. C'est André Guillabert qui présidait la séance, et non Lamine Gueye, car ce dernier était soupçonné d'avoir des amitiés avec les maliens.


Après cinquante ans, le Sénégal est-il réellement indépendant
?

Comme le disait le Général De Gaulle, «aujourd'hui personne n'est totalement indépendant», avec la mondialisation. D'autant plus qu'aujourd'hui, la coopération ne se limite plus à la France. Le Sénégal est ouvert sur la Chine et les pays arabes. Nous sommes un pays faible, nous sommes obligés de négocier et nous devons aussi faire un effort d'enracinement et d’authenticité. En gros, il faut faire confiance à nos compétences et nos ressources humaines! Sur le plan culturel, nos enfants vivent en Europe avec leur «sénégalité» : ils exportent leur propre .


Senghor (1960-1981), Abdou Diouf (1981-2000et Abdoulaye Wade depuis: que retenez- vous des régimes qui ont gouverné le Sénégal depuis 1960?


Le Président Senghor, un politique et homme d'Etat, m'a beaucoup marqué en tant que fonctionnaire, avec sa volonté de moderniser l'Etat et bâtir des institutions fortes. Il était rigoureux et très protocolaire.


Sous Diouf, ce qui m'a le plus marqué, c'est qu'il a fait des efforts considérables dans l'instauration de la démocratie au Sénégal, malgré l'affaiblissement du pays par les Plans d'ajustement structurels (imposés par le Fonds monétaire international) à cette époque. Des efforts de démocratisation qui ont permis l'alternance politique au Sénégal. C'était, comme Senghor, un politique autant qu'un homme d'Etat.

Quant à Me Wade, il a su traduire un besoin de changement de la population en un mot: sopi. Il est plus politique qu’homme d’Etat. Il a porté son choix de développement sur les infrastructures. Mais le social va de plus en plus mal.

Djiby Dia -