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Insé Armah peintre - L’Afrique au bout des pinceaux
Mercredi 03/02/2010 | Posté par Papa Keita
A 34 ans, Insé Armah ne vit que pour le maniement des pinceaux. Dans sa maison qu’il a fini de transformer en atelier, il créé des œuvres inspirées essentiellement des formes africaines afin de ressortir la beauté de celles-ci.
«Mon père écrit des livres et les vend, moi je fais des tableaux et les vends aussi. Il ya une similitude dans ce que nous faisons tous les deux». C’est ainsi qu'Insé Armah compare son travail à celui de son père. Vu l’importance du métier à ses yeux, une mévente des tableaux ne lui fera pas bazarder ses tableaux. «Mon travail est basé sur quelque chose de solide, j’attends le moment opportun pour vendre mes œuvres».Benjamin de la famille, Insé Armah est passionné de peinture. Il est toujours entre ses pots de peintures à réfléchir aux différentes formes qu’il peut donner à ses toiles. Voilà neuf ans qu’il exerce ce métier. Après sa sortie de l’école des Beaux-arts en 2000, il travaille un court instant au lycée J.F Kennedy comme professeur de dessin, avant de créer son propre atelier. Cet espace constitue non seulement son lieu de travail mais également son refuge. Il a quitté sa Tanzanie natale, pays d’origine de sa mère, à l’âge de huit ans pour s’installer au Sénégal avec son père.
Ses tableaux sont en général inspirés des symboles et des motifs de l’Afrique occidentale. «Je travaille aussi en m’inspirant des proverbes et des langues du Ghana et j’essaie de les transcrire dans mes toiles». Avec son 1,64 m et ses airs de taquin, Insé comme l’appellent affectueusement ses camarades, est un artiste qui a une vision positive de l’Afrique. Il utilise les points considérés comme négatifs chez le Noir, pour les mettre en valeur. «J’essaie de ressortir dans mes tableaux la beauté de l’homme ou de la femme, en mettant en avant, par exemple le gros nez, les grosses lèvres du Noir ».
Installé à Poponguine depuis son départ de la Tanzanie où il est né le 22 décembre 1975 à Dar-es-Salam plus précisément, Insé a fait ses études primaires à l’école de la Cathédrale de Dakar et à l’école primaire de Poponguine. Puis, cap sur Thiès, il décroche son bac en 1996 au collège Saint Gabriel. Ensuite, il intègre l’école des beaux-arts la même année.
Né d’un père écrivain de nationalité ghanéenne Ayi Kwei Armah, il se vante de l’éducation que lui a inculquée ce dernier. «Il m’a beaucoup donné sur le plan culturel et ce background m’a aidé à enrichir mes tableaux».
Insé vit avec son père dans leur résidence située de l’autre côté du village où il a aussi ouvert son atelier. Même s’il règne un désordre dans son lieu de travail, pots de peinture par-ci, par-là, on remarque une belle et simple décoration constituée de tableaux accrochés aux murs ou posés à même le sol. Très dynamique dans ce qu’il fait, Insé n’est pas du genre à farnienté. Il court d’un côté pour chercher un pinceau, de l’autre de l’eau pour le mélange des couleurs. Il y a une certaine dévotion de l’art chez ce bout d’homme.
Son ami Marcel qui le connaît depuis belle lurette, le décrit comme un homme de forte personnalité. «Il a du caractère, mais aussi, c’est quelqu’un de très serviable, toujours présent quand on a besoin de lui.»
«Mes prédispositions naturelles, c’est-à-dire mon talent, m’ont poussé à faire de la peinture. Très tôt, j’ai senti que je m’intéressais beaucoup au dessin». Toujours souriant, Insé donne l’apparence d’une personne heureuse. Néanmoins, il est confronté à certaines difficultés. « Depuis que j’ai commencé, pour la vente des tableaux, tout ne se passe pas comme je le souhaite, mais je ne perds pas espoir ».
Contrairement à certains artistes qui attendent une subvention de l’Etat pour organiser des expositions. Un jour Insé décide d’en faire une, il la préparera avec ses propres moyens. Cependant, il reconnaît que l’art ne nourrit pas son homme au Sénégal. Mais pour sa part, il reçoit des commandes. Avec ce qu’il gagne, il arrive à subvenir à ses besoins. «Ce qui m’aide un peu ,c’est que je fais de toiles à 10 000 francs, qui sont plus accessibles, et d’autres entre 250 000 et 500 000 francs que j’exporte vers les Etats-Unis, avec l’aide de mon père».
En plus d’être peintre, Insé est aussi photographe. Ce sont ses photos qu’il reproduit sous formes de tableaux pour en faire des portraits d’individus en y ajoutant une petite touche africaine. «J’y associe des formes tirées soit de l’Egypte ancienne, soit de l’Afrique occidentale».
En attendant de voir de meilleurs jours, Armah est dans son petit coin en train de finir une toile commandée par une grande société de la place.
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Par MG