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Inusable Article 19, gravé dans le marbre

Samedi 03/05/2008 | Posté par Djib Diedhiou

Le 3 mai est la journée internationale de la liberté de la presse. Il n'est pas inutile de rappeler quelques principes qui régissent le droit à l'information.

Dans notre métier, nous les rangeons parmi nos marronniers, ces événements qui jalonnent le calendrier républicain ou planétaire : Journée internationale de ceci, Journée mondiale de cela. Ainsi celle de la lutte contre le paludisme - pour la première fois - le 25 avril dernier, ou encore celle de la femme, le 8 mars. Aujourd’hui, 3 mai, c’est celle de la liberté de la presse. 

Nous sommes directement concernés. C’est vital. C’est notre survie qui est en jeu, en tant que corporation. C’est pour la défense du droit de diffusion de nos informations, nos opinions. Nous tenons à remplir aussi notre devoir d’informer car le public lui-même a le droit de savoir ce qui est fait par les Etats, les communautés locales, les institutions, les entreprises, en son nom. Le lecteur ou le téléspectateur ou l’auditeur est citoyen d’un pays. Il est homme du monde.
 
Il se trouve cependant que même dans les démocraties dites avancées, certains s’opposent à l’exercice de cette liberté de presse dans sa plénitude. Dans les pays où l’on tient à maintenir une chape de plomb au dessus de ce droit à l’information et à ce devoir de fournir un tel service, c’est encore pire. Partout on tente d’élever des barrières pour empêcher l’accès de la presse aux sources. On se livre à des manœuvres d’intimidation, on emprisonne, on retient en otage, on exécute froidement, avec une jubilation barbare. On assassine, avec la volonté funeste d’étouffer la vérité, de combler le puits d’où cette dernière pourrait surgir. En vain. Car tout finit par éclater au grand jour ou par s’échapper à travers une fissure pour se propager, par l’écrit, par les ondes, par la télévision, par Internet.

Les ennemis de la liberté de la presse ne font pas autant de morts que le paludisme, dans le monde, certes. Mais ils restent dangereux. C’est l’obsession du secret bien gardé qui les habite. L’ignorance, la peur, l’intolérance embrouillent souvent leur cœur et leur esprit. Leurs actes liberticides ne peuvent amener les journalistes à renoncer à exercer leur métier correctement. Ces derniers le leur signifient avec insistance et courage partout et à chaque fois que ce principe de la liberté de la presse est menacé ou bafoué.

En décembre, sera célébré le soixantième anniversaire da la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Celle-ci contient l’article 19 qui établit ce droit fondamental à la liberté de presse et d’opinion. A partir d’aujourd’hui et jusqu’à la fin de l’année, les journalistes devront constituer un large front, une chaîne autour de la Planète pour le défendre. Il leur faut faire montre d’une plus grande solidarité entre eux, à la face du monde. Informer juste et vrai doit rester pour eux une exigence. Ce sens de la responsabilité leur est inculqué, en particulier, dans les écoles de journalisme. Le Centre d’études des sciences et techniques de l’information (Cesti), à travers le Dakar Bondy Blog, se fera un point d’honneur de maintenir ce cap. 

Djib Diedhiou

Djib Diedhiou -

Réactions des internautes

Louise Bidza
Lundi 5 Mai 2008, 09:05
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Je trouve votre article trés pretinent dans la mesure où, les journalistes sont confrontés à d'énormes problèmes chaque jour dans l'exercice de leur metier.Maleureusement, la liberté de la presse reste relegée au second plan. Jusqu'à nos jours, aucune solution n'a été trouvée.Nombreux d'entre eux sont actuellement morts, d'autres troupissent dans les prisons. L'expression de la liberté de la presse n'est-elle pas devenue une ironie? Je m'en veux pour preuve le cas de Moussa Kaka au Niger, de J Remy Ngono au Cameroun et bien d'autres. J'estime que l'heure n'est plus à la complaisance, mais, il faut agir. Agir non pas en écrivant, mais à mettant sur pied un nouveau syndicat capable de prendre en charge les préoccupations des journalistes.

Merci amicalement

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