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J’ai 16 ans, je suis une fille et j’adore la mécanique

Lundi 01/09/2008 | Posté par Rene L. Fonseca

Mon excursion dans la commune de Sokone se poursuivait toujours à l’occasion des Vacances Citoyennes de l’Université. Ce jour là, j’accompagnais un groupe de médecins pour une consultation gratuite dans un village non loin de la Gambie. Nous avons été fascinés par une jeune… mécanicienne

Karang est un village situé à quelques pas de la Gambie, à près de 40 km de la commune de Sokone; ici dès notre arrivée, nous sommes surpris par l’ambiance bon enfant. Le marché est animé et la musique est au rendez-vous. De jeunes talibés courent de gauche à droite. Au marché central, à quelques encablures du district sanitaire, juste en face de moi, j’aperçois un atelier mécanique. Un groupe de mécaniciens est assis à même le sol, à l’ombre d’un arbre. Une fille est à côté, elle est mécanicienne comme eux. Elle s’appelle Ndiémé Diallo, elle est âgée de 16 ans.

Dans sa blouse bleue tachée d’huile noire, sans doute à cause du travail, elle a un physique de jeune garçon malgré sa belle chevelure. Ndiémé nous avoue qu’elle n’a jamais aimé l’école. Un bidon jaune dans les mains, elle nous explique comment elle a débuté ce travail d’hommes : « A chaque fois qu’on m’exigeait d’aller à l’école, je refusais. Et c’est là que mon frère a décidé de me placer dans un atelier mécanique mais, il faut dire que j’adorais ce travail. Et ce, depuis ma tendre enfance », nous dit-elle d’un ton joyeux. C’est depuis deux ans qu’elle exerce ce métier et elle dit l’adorer. Ndiémé ne ménage aucun effort pour la pleine satisfaction de sa clientèle. Sa manière de réparer cette bicyclette devant nos yeux en est une parfaite illustration.

A l’apercevoir, on sent réellement cette passion "dingue" qu’elle a pour la mécanique. Et effectivement, s
ous son allure décontractée, Ndiémé trouve que c’est un métier comme tous les autres, elle ne le considère pas du tout comme difficile car, elle pense qu’il faut juste l’aimer pour s’en sortir. Comme beaucoup d’autres filles de son âge, quand elle n’est pas au travail, elle se consacre à différentes tâches ménagères. Après le dur labeur, place aux loisirs, des promenades avec ses amies et de temps à autres des sorties en boîte de nuit : « bien sûr, dès fois, je vais danser avec mes amies. C’est très important pour moi, mais je n’ai pas de petit ami » se confie t’elle dans un éclat de rires.

Pour ses proches et amis, Ndiémé est une véritable battante. Dans l’avenir, elle envisage même de construire sa vie à elle : «j’aimerais bien continuer ce métier, et ouvrir mon propre atelier mécanique », nous dit-elle avant d’ajouter qu’elle entrevoit aussi d’entrer dans le corps militaire au plus tard dans trois ans. C’est une véritable starlette que nous avons rencontré à Karang, elle a séduit et émerveillé plus d’un.

Rene L. Fonseca -