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« J’ai perdu 40 membres de ma famille dans le génocide »
Lundi 20/04/2009 | Posté par Abdoulaye Sinkare
C’est à la projection du film documentaire "A travers nous, l'humanité..." organisée par l’Association de la Communauté Rwandaise au Sénégal qu’Abdoulaye a rencontré Berthilde Gahongayiré, une rescapée du génocide rwandais de 1994. Elle vit actuellement au Sénégal et travaille comme conseiller régional genre et VIH/SIDA au bureau d’Onusida à Dakar. Rencontre
« J’ai perdu quarante membres de ma famille dans le génocide », nous dit Berthilde Gahongayiré. Elle précise qu’elle n’a pris là en considération que les membres de sa plus proche famille. Auxquels il faudra ajouter des amis et autres connaissances. Et le plus dur est que ces quarante personnes ont été tuées en une heure de temps, et par des militaires. Comment est-ce qu’elle a fait pour échapper à cette folie meurtrière dont a été victime un million de tutsis et de hutus modérés ? Elle répond que c’est un long processus, sur lequel elle ne pouvait pas revenir au cours de notre rencontre du fait d’un manque de temps, qui a conduit à sa survie.
Elle remercie Dieu. Aujourd’hui, elle a tourné, comme beaucoup de ses compatriotes, cette lourde page de l’histoire du Rwanda mais soutient cependant qu’il n’est pas facile pour eux de pardonner mais, ils acceptent… Berthilde refuse toute appartenance à une quelconque ethnie (tutsi ou hutu), elle se définit juste comme étant rwandaise car c’est cette différentiation là qui a amené le génocide. « Allez au Rwanda, si vous demander à un enfant ce qu’il est, il vous répondra : je suis rwandais », poursuit elle pour montrer que la dimension éthique n’est plus de mise dans son pays. C’est ce dépassement dont ont fait montre les rwandais qui leur a permis de se mettre ensemble et d’œuvrer pour la construction de leur pays.
Pour ce faire, Berthilde qui a eu à assister à des "gacacas" (tribunaux traditionnels) affirme que ces juridictions ont joué un grand rôle car elles ont permis d’éclairer beaucoup de choses. Concernant le Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR), qui siège à Arusha (Tanzanie), elle se contente de relever la différence qu’il y a entre l’ampleur et l’atrocité du génocide et le nombre, non pas de génocidaires condamnés, mais de jugements rendus par l’instance judiciaire internationale. En plus clair, les victimes et les rescapés du génocide n’ont pas vu l’intérêt du tribunal d’Arusha. Surtout quand ils voient que les condamnés qui ont le Sida bénéficient d’un traitement alors que leurs victimes à qui ils ont transmis le virus, pour une bonne partie, sont livrées à elles-mêmes.
Comme beaucoup d’autres rescapés, Berthilde essaie de refaire sa vie et souhaite que la tragédie dans laquelle a basculé son pays ne se reproduise plus jamais.
Abdoulaye Sinkaré
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Par Anonyme