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Je découvre une partie de mon pays (suite et fin)

Mercredi 24/09/2008 | Posté par Maguette Gueye

Né le 2 septembre 1941, à Saint Louis, Alioune Badara Diagne "Golbert" a débuté dans la radio comme apprenti technicien. Ainsi, il a occupé presque tous les postes avant de devenir chef de station à Radio Sénégal International (RSI) puis a ouvert sa propre station de radio. Il est un personnage célèbre de la vie culturelle et médiatique du Sénégal. Pour son dernier billet de Saint-Louis, Maguette Gueye l’a rencontré

Source : Web

Parlez-nous un peu de votre radio ? Téranga Fm est la deuxième radio privée du Sénégal. J’ai pris ma retraite de Radio Sénégal International le 2 septembre 1996 et j’ai ouvert la radio le 22 septembre de la même année. C’est une radio généraliste, plurielle, et commerciale. On a une grille de programme très diversifiée. On a des émissions sur le secteur de l’élevage, de la pêche et de l’agriculture. On organise aussi des débats politiques. Et, je tiens à vous dire que tous les communiqués de l’administration, je veux parler du gouvernement, sont gratuits, de même que dans le domaine de l’Education Nationale.

Monsieur Diagne, j’ai écouté certaines émissions que vous animez, et je suis très surprise par votre façon de vous adresser à votre public. 
Ma philosophie c’est qu’en radio objectivité ne veut pas dire agressivité. Ma manière de parler va dans le sens d’être crédible et objectif auprès du public. J’ai un franc-parler et c’est la particularité du saint-louisien. S’il y a un religieux ou même le gouvernement qui dit ou fait quelque chose que je ne partage pas et que certains habitants trouvent anormal, j’en parle tout en restant ouvert aux critiques et aux contributions des autres, car personne ne détient le monopole du savoir. Une information n’est jamais maîtrisée. Toutes nos émissions se font en direct et il n’y a rien de tabou, mais tout ceci dans le respect.

Saint-Louis, première capitale du Sénégal, y-a-t-il un changement dans votre région depuis l’avènement de l’alternance politique en 2000 ? D’abord juste vous dire que je suis très nul en politique. Je ne suis pas un acteur politique. Toutefois, depuis trois ans, l’ensemble des berges et routes sont goudronnées. L’hôpital est rénové de même que quelques sites touristiques. Cependant, il y a beaucoup qui reste à faire. En ce qui concerne la GOANA [Ndlr : Grande Offensive Agricole pour la Nourriture en Abondance] qui est devenue un maître mot dans toutes les bouches, je dirai tout simplement que l’idée est bonne mais elle ne peut pas être une solution dare dare à la crise alimentaire. La GOANA pourrait être la solution dans dix ans.

Quel est donc votre message au Chef de l’Etat ? Je voudrais qu’on termine d’abord les travaux du pont et de la meilleure des manières. Je demande aux autorités de construire deux ponts. Un qui va relier Sor et l’île et un autre qui reliera la Langue de Barbarie et l’île. Et, je voudrais aussi qu’ils réalisent une unité de transformation halieutique, car notre pétrole à Saint-Louis c’est le poisson et l’Etat doit en faire sa priorité. Saint-Louis est une ville qui accueille beaucoup d’étrangers et la police ne suffit pas pour assurer la sécurité de la population. On voudrait un camp de GMI [Ndlr : Groupement Mobile d’Intervention pouvant s’apparenter aux CRS français].

Après la radio, il y a t’il un projet de télévision qui se prépare ? Le projet est là. J’en ai parlé à des investisseurs et j’espère que mon voeu sera réalisé. Je ne veux pas une télévision comme les télés que l’on regarde ici. Mon idée, c’est de créer une télévision de développement (TD). Et, ce serait très différent des télévisions de la place. J’espère que les personnes qui vont lire cette interview ne vont pas voler mon projet. (Rires)

Propos recueillis par Maguette Gueye

Maguette Gueye -

Réactions des internautes

Dieng
Samedi 7 Mars 2009, 16:07
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Saint-louis

Saint-Louis , ma chère et tendre ville que j'ai ta nostalgie. En effet les mouches et les talibés ne manquent pas d'attirer l'attention des visiteurs. Cela pourrait s'expliquer pour les premiers par la période (hivernage) qui est la saison préférée des insectes de tous genres notamment les mouches. Pour les seconds, ils se trouve que des gens traversent des centaines voir des milliers de kilomètres pour emmener leurs enfants à mendier à Saint-Louis. Puisque la téranga sénégalaise est avant tout saint-louisienne, ces enfants vont profiter de l'hospitalité de la ville. Ainsi tous les jours dans tous les endroits aussi nombreux soient-ils ces talibés auront au coucher du soleil de quoi subvenir à leur besoin. Mais cela ne pourrait nous empêcher de profiter des ambiances et des images que nous laisse une petite visite à travers les quartiers de saint-louis. Une manière à moi d'agrandir la carte postale à Maguy :)
Cette visite se fera en trois partie. L'île, qui désigne les deux quartiers du nord "Lodo" et du sud "Sindoné". La langue de barbarie constitué par les quartiers de Goxxu mbathie, Ndar toute ou santhiaba et Geth-ndar. Et enfin les quartier du sor de Pikine tableau ablaye niang jusqu'à l'ugb.
Bon saint-louisien que je suis j'ai vécu évidement dans toutes ces parties de la ville.
Nous sommes au Sud ... A la pointe de ce quartier , se trouve une institution l'ex IFAN , le CRDS (centre de recherche et de documentation du Sénégal). En plus de son bel architecture qui donne une vue magnifique sur le fleuve et le village des pêcheurs, ce lieu regorge de documents de livres et de trésors relatant l'histoire ancienne du Sénégal et de l'Afrique. Faites un détour au musée à l'intérieur vous serez fort ravi. Après le Crids, le lycée des jeunes filles Ameth Fall ne passera pas inaperçu, ce bâtiment est chargé d'histoire comme le témoigne les briques rouges. En effet il aura été tour à tour un cimetière, un hôpital militaire avant d'être ce qu'il est aujourd'hui. La visite se poursuit et l'on voit les traces d'un quartier des signares et des comptoirs durant la période coloniales. A l'autre bout du quartier se dresse l'église une bâtisse imposante où toute la communauté catholique se retrouve tous les dimanches. N'oublions pas les deux berges qui longent sindoné. Sur la petite, l'hôpital de Saint-Louis sans cesse en rénovation jouxte une école coranique destiné à l'accueil des talibés malheureusement il y'en a peu des gens comme Moukhsine Diop responsable de cet internat. L'autre berge donne sur un alignement d'hôtel et à la fin on trouve la capitainerie du port. Je n'ai jamais compris en quoi c'était un port mais bon... Derrière ce bâtiment se trouve caché dans une petite impasse un musée où l'on trouve toute la faune sous régionale empaillée. Etonnant non? Ce service est destiné à la préservation de la nature enfin passez-y pour avoir plus de détails.
Entre lodo et sindoné se trouve la gouvernance qui fût le bureau des administrateurs de L'AOF pendant la colonisation. D'ailleurs c'est à l'intérieur que Serigne Touba avait effectué ses deux rakkas légendaires un 5 septembre 1885 en guise d'opposition pacifique à l'occident. Chaque année des milliers de pèlerins viennent célébrer ce jour et c'est l'occasion de faire de bonnes affaires vu le nombre de commerçants qui se déplacent pour cet évènement. En face la place Faidherbe avec ses jardins et ses jets d'eaux (en temps normal bien sur) est un bon petit coin pour se reposer en solitaire ou en couple. De là, nous partons pour le quartier nord ou lodo....
Comme au sud c'est le même spectacle qui s'offre à nous de vielles maisons tantôt rénovées tantôt laissée en l'état. Elle datent toutes du temps colonial. Le lycée Hadj Omar Tall ex Faidherbe est le seul de l'ile qui soit public et mixte. Il donne sur le petit fleuve où des dizaines de pirogues sont amarrées peut-être faute de place à l'autre coté du fleuve. On trouve beaucoup de restaurants de bars et de dancings dans cette partie de Saint-Louis. En effet elle est très touristique, passez par la rue marchande derrière l'hôtel de la poste vous serez ébahis par le cocktail de talents qui partagent cette rue; tableau, statuette, collier ou djémbé vous repartirez avec un objet d'art tellement ils sont intéressants. Continuons notre route pour aller à la Grande Mosquée. Chef d'œuvre architectural, elle aussi fait partie de ces monuments qui ont fait de Saint-Louis patrimoine historique de l'UNESCO. Le centre culturel français, la caserne des sapeurs pompier seront les points de repères qui nous mèneront à la pointe nord. "Queue be" comme nous l'appelions enfants, cet endroit n'a presque pas changé. Le terrain de football qui est le lieu de rendez vous des jeunes pendants les nawétanes n'a toujours pas de pelouse. En face le quai des arts fait vibrer le quartier par des manifestations culturelles, économiques et réligieuses. En partant pour le sud ou le nord, mon père disait qu'il allait à ndar comme pour dire que le cœur de la ville c'était là. Ici les gens sont plus libérés, la population est cosmopolite entre les blancs et les noirs. Les étrangers s'y installent facilement.




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Dieng
Samedi 7 Mars 2009, 17:43
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Pour aller à Gueth-ndar nous empruntons le pont Moustaf Malick gaye. Parfois il fait office de plongeoir aux enfants des pêcheurs de temps à autres des pirogues motorisées passent dessous nous faisant retenir tout notre souffle. A la descente nous trouvons le « marché ndar » comme on l’appelle, il déborde sur tout les cotés. Les marchands d’effets de toilettes se côtoient avec les vendeuses de poissons. A l’intérieur du marché les stands ne désemplissent pas. Au bruit de la foule et à l’odeur de certaines partie du marché s’ajoutent les millions de mouches qui prennent part à la visite. Chaque commerçant se voit ainsi armé de chasse mouches. Ce qui attirera surtout notre attention ce sont ces femmes, vendeuse, coiffeuses tailleuses ou même écailleuses qui s’investissent dans la vie économique de la ville, elles n‘auront pas attendu que leurs maris débarquent leurs pirogues pour subvenir à leurs besoins .
Une horde de marmot constitue le comité d’accueil au quartier des pêcheurs de Guet ndar, nombreux sont les enfants qui ne vont pas à l’écoles ou qui préfèrent l’école buissonnière, leurs pères sont en mer et leurs mères au marché . A l’intérieur le bitume des quartiers nord et sud est remplacé par du sable noir et les voitures par des « wetire » calèches. Les maisons sont pleines de monde, car ici c’est rarement qu’on quitte le domicile familial. La plage enfin la plage, après avoir marché sur quelque tas d’ordures (certains endroits) nous touchons l’eau. Vers 17 heures les pirogues qui étaient parties à l’aube débarquent alors que d’autres s’apprêtent à quitter la terre pour ne revenir que le lendemain matin. De la nous voyons un spectacle magnifique de partage et de solidarité le long de la côte. Dés qu’une pirogue arrive tout le monde se met dessus pour qu’elle soit bien garée et déchargée. Et à chacun on donne une partie de la pêche après avoir dégagé ce qui est destiné à la vente. Le soir à travers dak, pondokhole et diamalaye où les gens se retrouvent aux angles des rues sous les poteaux de lampe, les enfants comme souvent jouent à cache-cache. L’école primaire Cheikh Touré est l’une des meilleures de la ville malgré les préjugés. De l’autre coté du marché s’étend ndar-toute ou santhiaba, le décors est presque semblable. Dans ce quartier le taux d’alphabétisation est plus élevé et le nombre d’infrastructures scolaires aussi. Après le stadium de basket , oui Saint-Louis est aussi une ville sportive, on trouve plus loin au nord un ancien camp militaire remplacé par des écoles primaires et un collège en face se trouve l’école de formation des instituteurs. En continuant notre visite nous avons le choix pour le moyen de transport taxi, clando, charrette moi je préfère y aller à pied. On rentre à goxxu mbathie , ici aussi fief des pêcheurs nous tardons pas à remarquer la communauté maure bien intégré au sein du quartier. En effet ce quartier est non loin de la frontière de la Mauritanie et du Sénégal. D’ailleurs certains vont jusque là-bas pour y faire le plein de sucre, d’huile ou d’autre marchandise car à ce qu’il parait c’est choses sont moins chère de d’autre cotés. Ainsi les courses poursuites entre douaniers et fraudeurs sont fréquents dans cet endroit. Au bout du quartier s’offre à nous le paysage des dunes de sable et des oasis « sal-sal » comme on l’appelle . A ne rater sous aucun prétexte , ici la plage est encore vierge et propre contrairement à l’hydrobase ou les hôtels et campements ont fini par occuper presque toute la plage. Prenons un bain après une bonne grillade de poissons avant d’aller au Sor.

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