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Jour J pour les fidèles mourides

Samedi 14/02/2009 | Posté par Papa Keita

La 114e édition du grand Magal de Touba est partie pour battre tous les records d’affluence. Des millions de personnes sont attendues au pèlerinage célébrant le départ en exil du fondateur du mouridisme, Cheikh Ahmadou Bamba. La Ville Sainte a mis les petits plats dans les grands

La date du samedi 14 février 2009 coïncide avec la 114e édition du grand Magal de Touba. La cité religieuse commence déjà à refuser du monde. Touba s’est parée de ses plus beaux atours pour accueillir ses hôtes venus du Sénégal mais aussi des quatre coins du globe où sont disséminés les fidèles de la confrérie mouride. Aucun moyen de transport n’est négligé par les pèlerins pour rallier la Ville Sainte : des voitures de luxe aux "tombeaux roulants", en passant par les bus climatisés et les charrettes. C’est la mobilisation générale pour rallier Touba. La température qui frôle les 35 degrés à l’ombre n’entrave en rien la détermination des fidèles à répondre à l’appel de Cheikh Ahmadou Bamba, le fondateur du mouridisme.

Les rues et les pistes sont dégagées partout dans la ville. Même la grande mosquée n’a pas échappée au coup de pinceau. Les autochtones n’ont pas non plus lésiné sur les moyens pour relever le défi de l’organisation. Ils sont mis les petits plats dans les grands. La plupart d’entre eux ont déserté leurs maisons pour les céder aux invités, parfois sans les connaître ni d’Adam ni d’Eve. L’appartenance à la confrérie mouride suffit comme pacte de confiance. Des mets sont servis aux pèlerins à leur arrivée : couscous marocain ou sénégalais, sauce à la viande, riz, etc.

Coté spirituel, Touba a la particularité d’être une ville où l’on ne fume pas, sauf à le faire en cachette à ses risques et périls et où la vente de boissons alcoolisées est formellement interdite. Le fondateur du mouridisme, qui signifie la voie royale pour rencontrer Dieu, l’a toujours voulu comme une terre de retraite spirituelle et d’ascétisme pour les fidèles qui viennent s’y recueillir. Sur les différents sites, la lecture du Saint Coran et des "Khassaïdes" (chants religieux mourides) sont entonnés par les fidèles pour rendre grâce à Dieu, comme ce fut recommandé depuis l’avènement du Magal, qui en est à sa 114e édition. Pour rappel, Cheikh Ahmadou Bamba fut un éminent écrivain. Ses œuvres, dont le nombre exact est jusqu’à présent inconnu, constituent un legs inépuisable et intarissable pour la communauté musulmane.

Le Magal, comme tous les grands regroupements, c’est aussi l’affaire des pickpockets. Ces "pèlerins" n’hésitent pas vous faire les poches à la moindre occasion et profitent de la masse pour disparaître dans la nature. Vous ne les reverrez jamais ! A moins peut-être d’aller fouiller dans le panier à salade des forces de l’ordre qui sont éparpillés dans la ville. Les individus pris pour vol où une quelconque autre infraction ne seront libérés qu’après la fin du Magal. Les mendiants se frottent aussi les mains, à voir le nombre de billets de banque et de pièces de monnaies qui tombent dans leurs besaces en ce jour où la foi des fidèles est à son paroxysme. Les mendiants font le voyage comme tout le monde et rentrent plus que nantis que leurs bienfaiteurs. Mais aussi, que dire de ces "pèlerins" qui courent les maisons à la chasse des plats succulents qui sont gracieusement offerts et qui ne mettent jamais les pieds dans les différents lieux de culte. L’ambiance est parfois électrique, en témoigne un différend de 500 Francs Cfa (0,75 euros) qui a failli tourner au vinaigre dans une voiture qui me transportait. Heureusement, tout a fini par rentrer dans l’ordre.

A Touba, les pèlerins en voient de toutes couleurs…

Papa Keita -