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L’Afrique toujours dans les bas-fonds
Mardi 23/11/2010 | Posté par Papa Keita
Au cours d’une conférence sur le cinquantenaire des indépendances africaines, le professeur Mamadou Diouf de l'université de Columbia aux Usa a estime que le retard du continent noir est imputable aux africains eux-mêmes. Toutefois, il a suggéré de parier sur l’Enseignement supérieur pour former une élite capable de tirer l’Afrique d’affaires
Le professeur Mamadou Diouf de l’université de Columbia est formel : le bilan des cinquante dernières années du continent noir est loin d’être positif. Et la faute incombe entièrement aux Africains, qui n’ont pas été à la hauteur à juste titre. Selon lui, si le bateau tangue toujours, c’est que d’autres Africains ont infligé à leur propre peuple des souffrances insurmontables.
«L’Afrique a beaucoup souffert pendant ces dernières 50 années, au moment où elle était censée se libérer. Et cette souffrance des Africains leur a été infligée par des Africains», a-t-il regretté. Poursuivant son propos, Mamadou Diouf s’est ému de la culture africaine qui est presque devenue un dépotoir de la culture occidentale. Parce que, ses principaux agents chargés de sa promotion ont capitulé devant l’agression étrangère.
«L’aliénation culturelle qui porte sur le débat sur nos langues nationales est l’une des causes de la souffrance des Africains». Aujourd’hui, dit-il, sur un ton qui frise l’ironie, que les Sénégalais connaissent mieux Victor Hugo qu’un autre écrivain africain.
Mamadou Diouf s’exprimait au cours d’une conférence organisée par Lead Afrique francophone dont le thème portait sur : «Un demi siècle d’indépendance : bilan et perspectives des Etats africains".
Mais ce qui déprime le plus l’historien, c’est le mode de management sous l’empire colonial qui n’a jusque là pas évolué. On reproduit toujours les mêmes schèmas, a-t-il déploré. «Notre conception de la gouvernance est très criante, au Sénégal. On ne gouverne pas les gens, on les commande. C’est le commandement, la gouvernance coloniale», tempête-t-il. Pour lui, on commande des choses, mais on gouverne des citoyens.
A titre d’exemple, il a cité l’ancien président du Conseil, Mamadou Dia qui voulait inverser l’ordre établi des choses, mais sa volonté n’avait pas prospérée.
«Mamadou Dia disait qu’on ne peut pas construire un Etat sur une géographie coloniale. Il nous faut une géographie indigène», a-t-il rappelé. Et cette façon de gouverner a finalement contaminé la plupart des pays africains. Et la conséquence a été fatale. Car des agences sont créées pêle-mêle échappant à tout contrôle.
Dans la plupart des pays africains, a-t-il souligné, le rapport entre l’Exécutif et le Législatif est tel que le premier s’est subordonné au second.
Pour sortir de l’impasse et se projeter vers les cinquante années à venir, il a préconisé aux Etats africains d’investir dans l’Enseignement supérieur pour former de potentiels cadres, capables de hisser l’Afrique vers les sommets. «Même la Banque mondiale qui avait recommandé aux pays africains ne pas investir dans l’Enseignement supérieur ont reconnu leur erreur», a-t-il souligné.
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Par Anonyme