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L’Aïd-el-kébir arrive et Dakar se vide

Vendredi 27/11/2009 | Posté par Mamadou Sane

Comme à chaque veille de la fête du mouton, la capitale sénégalaise se vide de sa population. Dans les gares routières c’est l’effervescence. Trouver un véhicule par tous les moyens et passer la fête en famille.

Passer la fête à Dakar ne dit pas grand chose aux Sénégalais. Beaucoup d’entre eux étant originaires des régions de l’intérieur du pays, ils préfèrent aller passer la Tabaski en famille. Du coup la presqu’ile du Cap-Vert voit tous ses habitants lui tourner le dos. Dans les principales gares routières on se bouscule pour avoir un moyen de transport.

La gare routière de Colobane est un des lieux où une forte affluence est souvent notée les veilles de fête. A l’entrée les coxeurs (intermédiaires) vous interpellent. Arrachant presque vos bagages de vos mains. Vous n’avez pas le choix. Ah si ! Vous en avez un : leur dire votre destination pour qu’ils vous lâchent une bonne fois pour toutes. Assane lui est en partance pour Kaolack. Il prend tranquillement son petit déjeuner dans une des nombreuses gargotes que compte la  gare. En attendant que le taxi collectif à bord duquel il compte renter se remplisse. Mais pour aujourd’hui, ce sera avec peine. Et pour cause, les prix du transport ont doublé voire triplé. Ce qui est loin de donner le sourire aux passagers.

« Ils nous prennent parfois pour des écervelés. Comment peuvent-ils justifier la hausse vertigineuse et soudaine du prix du transport ? » S’interroge Cheikh Samba Sylla visiblement très remontés contre l’attitude des gérants de la gare routière. En partance pour Mbour, il fût ahuri de constater qu’il doit de force débourser 1500 FCFA (2,30 Euros) pour se rendre chez lui. Ville située à 81 kilomètres de Dakar. Portant les vendeurs des titres de transport ne tournent pas les pouces. Les passagers ne se font pas prier pour s’en procurer. Ils savent désormais que c’est cette situation qui s’offre à eux à la veille de grandes fêtes. « Nous n’avons pas le choix. Ils conditionnent tout. La Tabaski étant pratiquement la seule occasion pour aller voir la famille, nous nous voyons obligés de payer le double pour embarquer » se désole Souleymane Diop, étudiant à l’université Cheikh Anta Diop en partance pour Saint-Louis.

La même atmosphère à Pompiers, la plus grande gare routière de Dakar. Ici les destinations proposées sont plus nombreuses. La sous-région est desservie. Seuls les bus mettent du temps à se remplir. Etant moins chers, ils sont les plus prisés. Cette patience obligée des passagers fait l’affaire des marchands ambulants. Ils leurs proposent leurs articles à bord des bus ou à travers les fenêtres. La confusion est notoire dans l’ordre de sortie des véhicules. Les plus pressés se plaignent auprès du chef de gare pour que la liste des départs soit respectée. Chacun voulant quitter le plus tôt possible. Seul moyen d’éviter de consumer inutilement du carburant dans les embouteillages monstres et en passe de devenir légendaires à la sortie de Dakar.

Mais comme chaque année, il y a les retardataires, les passagers partisans des dernières minutes. Eux préfèrent attendre les tous derniers moments avant d’embarquer pour l’intérieur du pays. Laissant ainsi Dakar vidé de plus de la moitié de sa population pour quelques jours.

 

Mamadou Sané

 

 

Mamadou Sane -