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L’enracinement par la danse rituelle
Vendredi 22/01/2010 | Posté par Papa Ismaila KEITA
Victor Ndega Bigar, venu du village d’Ebarack, à 7 km de Salémata, ne contient pas sa de joie, à l’idée de faire partie des jeunes sélectionnés dans son village pour danser le «Eyouck».
LA SYMBOLIQUE DU EYOUCKVictor Ndega Bigar, venu du village d’Ebarack, à 7 km de Salémata, ne contient pas sa de joie, à l’idée de faire partie des jeunes sélectionnés dans son village pour danser le «Eyouck». Pour lui, c’est un véritable honneur qui lui a été fait par ses aînés, confie-t-il, tout en tournoyant autour de lui-même.
C’est à cet instant qu’un de ses encadreurs vient lui offrir du vin de palme, à boire avant de regagner la piste. Cette dose d’alcool qu’on leur administre permet aux danseurs de contenir le trac face au public. «Certains prennent peur une fois face au public. C’est la raison pour laquelle on leur donne à boire avant qu’ils n’entrent en scène», note Gilbert Yara Bass, encadreur, «Odia», de surcroît.
La joie de Victor contraste avec celle d’André Kaly Bendia, 22ans, qui est venu spécialement du village d’Eladji. Il n’a pas été retenu pour la manifestation, mais n’empêche, il a tenu à être présent pour soutenir ses camarades. Rigobert Kaly Boubane 15ans, Jean Pierre Bendia et Jean Noël Bendia, eux, sont venus suivre la prestation de leurs aînés, afin de se préparer psychologiquement pour un futur proche. Ils appartiennent tous à la classe d’âge des «Odouck» et sont à leur cinquième année. Il ne leur reste qu’une année pour entrer dans le cercle restreint des «Opalouck», les vedettes du jour, qu’ils sont venus voir. «Entre nos aînés et nous, les relations sont bonnes. Sauf que nous leur devons respect et obéissance», précise Jean-Noël, les yeux rivés sur le spectacle.
Le président de l’association pour le développement des pays Bassari (ADPB), Pierre Nianga Boubane, dans son intervention, tente de détruire un vieux préjudice au sujet de la communauté Bassari. Selon lui, depuis longtemps, un faisceau de contrevérités a été distillé et qu’il est nécessaire de rectifier pour la vérité historique. Le colonisateur n’a fait que transposer ce qu’il a vu au Togo chez les peuples Bassar, pour l’appliquer, une fois en terre Bassari, protestet- il amèrement. Les deux peuples ont la particularité d’avoir, par coïncidence, des us et coutumes qui se ressemblent par extraordinaire. Cela les a amenés à faire de l’analogie.
Aux yeux du président, c’est là une véritable falsification de l’Histoire. Et cette dernière ne se construit pas, en faisant de l’analogie, poursuit-il. Il compte, d’ailleurs, sur les jeunes chercheurs, pour réparer ce tort et montrer, à la face du monde, l’authenticité de leur culture, ce qu’elle a de particulier et ce qu’elle peut apporter à la culture sénégalaise. Il lance aussi un appel au dialogue interreligieux entre les différentes communautés, pour préserver les liens séculaires existants entre musulmans et chrétiens.
Cela permet aux Bassari catholiques, qui s’apostasient de préserver leurs noms traditionnels, qui souvent leur posent préjudice. «Nous souhaitons qu’une fois converti à l’Islam, nos membres gardent leurs noms traditionnels», suggère-t-il. Cela, souligne-t-il participe à la sauvegarde des éléments de leur culture. Son discours bien apprécié par les officiels : le sous préfet, le maire de la commune de Salémata, son premier adjoint, par ailleurs président de l’Association des Bassari, les autorités religieuses et coutumières.
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Par MG