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L’érosion marine au menu d’une excursion des journalistes stagiaires en environnement. (Etape 2)

Jeudi 01/07/2010 | Posté par Pépé GUILAVOGUI

De Guédiawaye, cap sur Rufisque, une commune à la sortie de Dakar située à une vingtaine de kilomètres.

Après des éco-achats, les stagiaires n’ont pas hésité de faire part de leur préoccupation (écologique) quant à l’usage des emballages plastiques en cours dans la boutique de la station. Une réclame que les employés ont promis de porter à la connaissance de leur employeur.

Rufisque qui abrite la première cimenterie du pays, est confronté à plusieurs problématiques environnementales notamment, la pollution atmosphérique, l’insalubrité et surtout l’avancée de la mer dont la réalité y est palpable. Les riverains appartenant au troisième âge observent le phénomène depuis belle lurette et dans l’inertie à cause de la pauvreté qui sévit au sein de la population. « L’environnement est bizarre ici. Avec l’avancée de la mer, on a mis des gravats et des blocs de pierre qui servent de barrage mais qui n’a pas d’impact réel face à la gravité du danger qui guette la population à tout moment. La mer avance chaque jour que le Bon Dieu fait. Nos parents nous racontent souvent qu’ils étaient obligés auparavant d’embarquer dans les charrettes pour aller à la plage qui se trouvaient à des centaines de mètre de là. Et voyez aujourd’hui, la mer est tout prêt des habitations » témoigne, entre les bruits de violence des vagues s’écrasant sur le rivage caillouteux, Mme Dione Diouck, une institutrice qui a atteint la cinquantaine. Elle n’a pas manqué de souligner la pollution de la mer avec les ordures ménagères et les eaux usées qui y sont quotidiennement déversées. Elle a par ailleurs proposé l’expérimentation des polders comme une solution durable. Non loin de là, le cimetière que la mer a profané il y a deux ans. Et les riverains de Rusfique n’ont pas manqué de témoigner leur reconnaissance à l’égard de l’Etat sénégalais qui a consenti des efforts d’urgence pour atténuer provisoirement les effets de l’avancée de la mer dans leur localité. A Joal, village natal du président Léopold Sedar Senghor, à Poponguine, petite commune paisible et terre de pèlerinage des fidèles catholiques du Sénégal, et à Ndayane, un petit village de pêcheurs, la mer avance sûrement et sournoisement. Ces trois localités de la petite côte sont menacées. A Joal, qui abrite une aire marine protégée, l’île aux oiseaux, appelée Ditinn, est soumise à une exploitation abusive du sable marin. A ce rythme, la petite île qui sert d’interface entre l’île Fadiouth habitée et l’océan, va disparaitre. Alors la disparition de l’île aux oiseaux entrainerait ipso facto la disparition de Fadiouth. L’explication vient de M. Sall, président du Comité de surveillance de l’AMP de Joal-Fadiouth. Il a également souligné qu’aucune mesure n’est encore prise de la part des autorités municipales pour stopper ces pratiques néfastes. Les stagiaires ont parcouru la bande de terre qui sépare l’océan et le bras de mer qui arrose l’île Fadiouth. Tout le long de la berge trainent les tissus usés, des boites de conserve et des cannettes de bière. Ce qui fait dire à certains stagiaires, ignorant la provenance de ces épaves, que le tourisme ici n’est pas responsable ! Poponguine, une localité touristique, est réellement touchée par l’érosion marine. Le constat est à l’occupation anarchique du rivage. Des hôtels, des restaurants, des bistros et autres habitations sont pratiquement dans l’eau. Conséquences : des bâtiments ont été détruits par l’érosion marine. D’autres qui portent déjà des fissures, le seront bientôt ! A Ndayane, l’Etat a déjà apporté son assistance aux populations en construisant un mur de protection le long de la plage. L’ouvrage qui soulage les riverains, ne semble pas être une garantie durable aux yeux de ceux-ci. En temps de haute marée aux vagues violentes, disent-ils, l’eau passe par-dessus du mur qui fait juste deux mètres de haut. L’avancée de la mer est une problématique majeure au Sénégal. Une bonne partie des côtes sénégalaises qui s’entendent sur sept cent kilomètres, subit quotidiennement les assauts des fortes vagues aux conséquences souvent désastreuses. La mer avance inexorablement et constitue une menace pour les populations riveraines et leurs activités. Une réalité que les journalistes environnementalistes, au terme de leur formation, ont pu observer à travers cette excursion. Les productions médiatiques faites lors de cette sortie pédagogique, ont fait l’objet d’une large diffusion dans les médias respectifs de la place. Comme pour dire que le défi du développement en Afrique doit être relevé par la gestion durable de l’environnement. Et la communication se trouve au centre de cette problématique. Ce que le CESTI a compris en initiant cet ambitieux programme de formation. 

Pépé GUILAVOGUI

Pépé GUILAVOGUI -