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L’hécatombe à la fac des lettres !
Mercredi 03/12/2008 | Posté par Jeanne Sagna et René Fonseca
Les résultats ont commencé à tomber à la faculté des lettres et sciences humaines de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Des résultats plus que catastrophiques. La peur commence à gagner les étudiants et certains ne savent plus à quel saint se vouer. René et Jeanne ont fait un petit tour dans cette faculté
Le hall de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines (FLSH) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar est plein à craquer. Tous les regards sont tournés vers les tableaux d’affichages. Les résultats de l’unique session de cette année académique ont commencé à sortir. Les seulement quelques mois de cours, ajouté aux grèves répétées et à la violence due aux élections des amicales ont perturbé le déroulement normal des examens. Chaque matin, les étudiants se pointent devant les tableaux d’affichages pour scruter les résultats. Certains qui sont déjà admissibles sont entassés devant les amphis pour passer les épreuves orales. Ils discutent et font des va-et-vient incessants entre l’amphithéâtre central et les tableaux où sont affichés les derniers résultats de certains départements. Assis à même le sol, le visage dans ses mains, un étudiant donne l’allure de quelqu’un qui est dépassé par les événements.
A l’autre bout de l’amphithéâtre, règne une ambiance plus décontractée. Que du bruit ! Des discussions fusent de partout, ponctuées d’éclats de rire venant d’une trentaine d’étudiants prêts à affronter les professeurs à l’oral. D’autres quant à eux regardent les résultats affichés : « Vraiment les profs ne sont pas sérieux ! », s’exclame un étudiant. « C’est la faculté des lettres », lui répond un autre qui se tenait juste derrière.
Pour mieux nous édifier sur les résultats, nous décidons de nous approcher d’un tableau. A première vue, une feuille attire l’attention. Sur cette feuille quatre noms d’étudiants. Ils ont été déclarés admissibles, mais devront par conséquent subir les fatidiques épreuves orales avant d’être définitivement à l’abri. L’information est donc vraie : C’est l’hécatombe ! Cependant, il s’agit non pas du département de lettres modernes, mais du département de langue et civilisation germanique (Duel 2). Un département qui ne compte même pas deux mille étudiants en son sein d’après certains étudiants rencontrés. Nous n’avons pu connaître le chiffre exact du nombre d’étudiants.
Nul doute que les résultats sont catastrophiques pour tous les départements de la faculté des lettres. Retenez bien votre souffle ! A peine une centaine d’admissibles sur mille étudiants en Lettres modernes (LM), 150 sur 1800 en géographie, 11 sur 51 en certificat de spécialisation en espagnol et 20 sur 60 en certificat de licence en espagnol. Mais quelle est donc la cause de cette situation ? Badou Sène est en deuxième année au département de LM. Selon lui, la faute revient en grande partie à l’administration de l’Université. « Ils ont fait cela, pour liquider le maximum d’étudiants. Ce n’est pas normal que sur plus de mille étudiants, seuls cent soient admis », se plaint-t-il.
A l’intérieur de l’amphithéâtre, il règne un silence de cathédrale. Quelques étudiants sont assis sur des tables-bancs. Ils révisent leurs cours avant la fatidique épreuve orale qu’ils doivent subir. Nous rencontrons Mbaye Niang. Pour lui, les amicales sont les principales fautives : « Ils devraient être capables, après trois mois de grève, d’apporter des solutions concrètes aux problèmes. Aussi tout faire pour éviter cette session unique, au lieu de cela, ils nous ont enfoncé et le pire c’est qu’on ne les voit plus ». Selon lui, les professeurs devraient aussi jouer leur partition en s’organisant pédagogiquement pour mieux aider les étudiants à réussir.
A la sortie de la faculté, un petit groupe d’étudiants est debout à l’ombre d’un arbre. Leur discussion parait intéressante : « Les professeurs de français ont retenu nos notes, alors qu’ils ont déjà été payés », se désole l’un d’eux. Dans son T-shirt jaune, un sac bandoulière, il ajoute que « si les résultats ne sortent pas, ils bloqueront le déroulement des épreuves orales et aucun étudiant ne fera son examen ».
Le nettoyage s’annonce pour l’heure réussi à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Les étudiants de deuxième année au département de lettre moderne ne nous démentiront pas.
Jeanne Sagna et René L. Fonseca
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Par MG