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L’Ucad a la recherche de la recette magique

Mercredi 26/05/2010 | Posté par Papa Keita

Une mission technique de la Banque mondiale séjourne à Dakar pour accompagner le gouvernement sénégalais à définir des stratégies de développement de l’enseignement supérieur.

Comment inscrire l’université de Dakar dans le peloton des universités émergentes ? Comment parvenir à un enseignement de qualité, qui peut répondre aux attentes d’un monde de plus en plus concurrentiel ?  Pape Gueye, directeur de l’enseignement supérieur, est convaincu que c’est en arrivant à rationaliser les dépenses publiques.

Pour lui, il ne sert à rien d’injecter des sommes énormes dans l’enseignement supérieur, pour qu’au bout du compte, qu’on récolte des ronces à l’arrivée. «Le gouvernement sénégalais consacre énormément d’effort dans l’enseignement, mais les résultats ne sont pas souvent au rendez-vous», constate-t-il.

Pape Gueye s’exprimait au cours de la visite d’une mission technique de la Banque mondiale, qui séjourne à Dakar depuis lundi, pour participer à la préparation d’une stratégie de développement de l’enseignement supérieur au Sénégal.

La mission restera au Sénégal jusqu’au 28 mai et travaillera aussi à l’identification d’un projet d’appui à l’enseignement supérieur sénégalais.

C’est parce que le gouvernement sénégalais, à lui tout seul, ne peut pas tout faire, qu’il a sollicité l’appui de l’institution internationale pour lui donner un coup de pouce. D’abord en élaborant des stratégies pour guérir l’Ucad du marasme infrastructurel et pédagogique, mais aussi en dopant ses caisses en ressources financières.

Dévoilant le rapport sur la revue des dépenses du sous-secteur de l’enseignement supérieur entre 2005-2008, Atou Seck, spécialiste de l’enseignement à la Banque mondiale, révèle que les dépenses dans le supérieur ont augmenté de 9,3% pour la période 2005-2008. Cependant, il regrette que celles-ci ne soient pas souvent  allignées sur les priorités de développement.

Poursuivant son propos, il mentionne que les dépenses de fonctionnement et les bourses sociales sont  nettement supérieures aux ressources disponibles. Conséquences ? Des tensions budgétaires conduisant à des grèves cycliques. "Les ressources de l’Ucad ne lui permettent que de fonctionner normalement pendant dix mois", remarque Atou.

Saisissant la balle au rebond, le Marocain, Jamil Salmi, spécialiste de l’enseignement supérieur à la Banque mondiale, et par ailleurs membre de la mission technique, s’étonne du fossé qu’il y a entre les efforts de l’Etat sénégalais et les retombées sur le terrain.   

Malgré les efforts du Sénégal, selon lui, on constate un déficit énorme. Car 80 % des populations adultes ont un niveau d’études primaires. Alors que 4% seulement ont fait des études supérieures très poussées. Pour lui, il faut aller à une véritable révolution dans la méthode de l’enseignement, pour l’adapter aux réalités d’aujourd’hui.

Papa Keita -