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La BAD vole au secours des marchés financiers africains
Dimanche 10/05/2009 | Posté par Amara Soumah
Une conférence sur le marché des capitaux africains s’est tenue ce dimanche lors des Assemblées annuelles de la Banque Africaine de Développement. Selon l'institution financière, la situation des marchés africains est problématique, il manque 40 milliards de dollars par an pour financer les projets nécessaires.
« Améliorer l’accès aux économies africaines et la diversité », tel est l’objectif annoncé par l’Initiative des Marchés Financier Africain (IMFA), un projet lancé par la Banque Africaine de Développement. Le vice-président de l'IMFA, Thierry de Longuemar, explique que les marchés africains sont les moins touchés par la crise économique du fait de leur fragmentation (53 Etats) et de leur étroitesse. Cependant, il précise que l’Afrique n’est pas épargnée par la crise qui se manifeste par la baisse des investissements étrangers, la diminution du transfert de fonds des émigrés (une diminution de 14 % pour le Maroc par exemple), la dépréciation de la monnaie et la pénurie de devise (une dépréciation de 15,5 % pour le cedi ghanéen), le déséquilibre budgétaire qui conduit à l’endettement, la diminution des flux de capitaux en 2009, la diminution du volume des capitaux dans le commerce sur les biens et services.
On observe aussi, selon M. Longuemar, un déficit de financement des projets en Afrique de l'ordre de 40 milliards de dollars par an. « La plupart de nos marchés sont confrontés à des difficultés de liquidités », ajoute t-il. Pour pallier à ces handicaps, la BAD a donc lancé, début 2008 à Tunis, l’Initiative des Marchés Financiers Africains dont la création d'une base de données des marchés africains comprend deux volets : la collecte et la gestion des données en rapport avec l’OCDE et le lancement ce dimanche d’un portail informatique pour informer le public. Ont été annoncés par ailleurs la création d’un fonds africain pour les émissions obligataires qui réduirait la dépendance des pays africains par rapport aux émissions de fonds étrangers, la création d’un système d’étude des marchés financiers et la création de conditions pour stabiliser le marché de la dette.
Toutefois, M. Longuemar souligne l’absence de coordination et de capacité des marchés financiers africains. Pour faire face à cette situation, l’AFMI recommande le renforcement du partenariat effectif entre le secteurs privé et les gouvernements, le renforcement et la diversification de la participation des banques commerciales et des banques d’investissement, la création d’un cadre de supervision pour développer le marché financier africain, la promotion des initiatives régionales par rapport à l’émission des fonds obligataires et la rationalisation des dépenses publiques. L’AFMI recommande enfin la création d’un réseau d’information sud-sud.
Amara Soumah et Mamadou Barry
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Par MG