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La baisse ne va pas entrer en vigueur aussitôt

Dimanche 06/02/2011 | Posté par Papa Keita

Aussitôt annoncées, aussitôt contestées. Les mesures annoncées par le ministre du Commerce, Amadou Niang visant à baisser les prix de denrées de première nécessité n’agréent point les professionnels des céréales, qui déplorent une démarche unilatérale du gouvernement.

Les importateurs de riz regroupés au sein de l’Association des professionnels des céréales (Apc) contestent les mesures unilatérales prises par le gouvernement. Et s’étonnent de voir le gouvernement évoluer en vase clos dans ce dossier alors qu’il n’est pas seul.

 

«C’est pas au gouvernement de fixer la baisse des prix. Cela obéit à des normes spécifiques au secteur. En plus, même si l’Etat veut baisser, le minimum qu’il puisse faire, c’est de se concerter avec les acteurs de la filière riz», proteste Moustapha Lô, vice-président de l’Union nationale des commerçants et industriels du Sénégal (Unacois). Qui se désole par ailleurs du manque de mesures d’accompagnements devant encadrer la baisse.

 

Ces mesures ont trait à la baisse de la taxe douanière sur l’importation du riz, d’une part. Et d’autre part, à une éventuelle subvention si baisse il y a. Tous ces deux leviers sur lesquels peut s’appuyer le gouvernement pour agir sur les prix n’ont pas été jusque là activés. «On n'annonce pas une baisse dans le vent. Il faut au préalable des mesures d’accompagnement pour ne pas léser les acteurs», ajoute Moustapha Lô.

 

Et s’agissant même de la subvention, le vice-président de l’Ucanois émet de très sérieuses réserves. L’expérience a montré, selon lui, que cette piste est dangereuse, sans issue. Un véritable panier à crabes. «Nous sommes très circonspects s’agissant des subventions de l’Etat. D’habitude, il s’engage souvent à subventionner les prix, mais lorsque vient l’heure de payer, il se dérobe», observe le vice-président de l’Unacois.  «Devant l’incertitude, mieux vaut s’abstenir», analyse-t-il.

Prévues pour entrer en vigueur aujourd’hui même suite à la réunion du Conseil national de la concertation sur les prix, les mesures annoncées par Amadou Niang auront du mal à être appliquées sur le terrain. Car comme le souligne Moustapha Lo, les commerçants ne sont pas des philanthropes. 

«Nous n’appliqueront pas les prix fixés par le gouvernement, parce que nous allons  vendre à perte. Toutefois, nous sommes disposés à dialoguer avec le gouvernement pour fixer ensemble les prix de commun accord», tranche Moustapha Lô. «Quand deux partenaires évoluent dans le même secteur, mieux vaut qu’ils se parlent pour éviter toutes divergences», remarque Ibrahima Diop, président de l’Association des professionnels des céréales (Apc).

Papa Keita -