Dakar Bondy Blog Dakar Bondy Blog Neuilly Bondy Blog Lausanne Bondy Blog Business Bondy Blog Bondy Blog Lyon Bondy Blog Marseille Bondy Blog

RUBRIQUE :

La banlieue a son destin en main

Mercredi 18/03/2009 | Posté par Ousmane Diop

Jusque là laissée en rade en matière de projets de développement, la jeunesse de la banlieue tient son destin en main à l’occasion des prochaines élections locales prévues ce 22 mars 2009. Le moment semble venu pour elle de saisir sa chance en élisant les personnes qui nourrissent l’ambition de la faire sortir de l’ombre et de la misère

Depuis le début de la campagne électorale, le 1er mars 2009, les différents candidats en lice se succèdent dans la banlieue, mobilisant derrière eux des foules gigantesques, composées en majorité de jeunes. Qu’ils soient du parti au pouvoir (Parti Démocratique Sénégalais) ou de l’opposition, ils dépensent toutes leurs forces pour convaincre cette partie très peuplée de la région de Dakar de voter pour eux. Et pour réussir leur campagne, ils ont décoré tous les murs de leurs affiches, où on peut lire entre autres messages « Avec…, le meilleur reste à venir », etc. La banlieue étant pour eux un facteur déterminant du point de vue de sa population. Mais cette dernière, très pauvre dans son ensemble, a l’immense opportunité de changer son futur, en choisissant les hommes qui respecteraient leurs promesses une fois élus.

De Guédiawaye à Pikine, en passant par les Parcelles Assainies, ou encore Rufisque, Diamaguène, Thiaroye, ce sont toutes des localités très pauvres où il y a un manque criard d’infrastructures. Une grande partie des jeunes qui s’y réveillent chaque jour est, soit au chômage, ou exerce de petits métiers comme la mécanique ou la menuiserie. En effet, beaucoup de jeunes qui abandonnent leurs études embrassent souvent ces métiers appris sur le tas. La présence massive de garages mécaniques ou d’ateliers de menuiserie dans ces localités en est l’illustration parfaite. Leurs parents qui devraient les aider sont, soit retraités, ou bien ne gagnent pas suffisamment d’argent pour répondre aux nombreux besoins de la famille. Ce n’est pas pour rien que de vieilles dames, au lieu de rester dans les maisons pour profiter du restant de leurs jours installent de petites tables devant chez elles ou au bord de la route pour vendre des cacahuètes ou des beignets, dans l’espoir de gagner un petit bénéfice destiné à nourrir une ribambelle de bouches.

Les personnes élues à chaque élection, et qui devraient changer cette triste donne, se plaisent à ranger au plus profond des tiroirs de leurs bureaux les promesses faîtes durant leur campagne. A chaque fois qu’ils ont besoin du soutien des populations, ils les « encouragent » avec des billets de banque en échange de leurs voix. Ce qui, a long terme, ne peut pas régler grand-chose, Et, tant que cela ne cessera pas, la pauvreté ne disparaîtra pas et l’avenir de nombreux jeunes sera de plus en plus compromis. La date du 22 mars 2009 doit servir de déclic pour la jeunesse de la banlieue afin de prendre son destin en main, ce qui passe par la condition ipso facto d’élire à la tête des communes des hommes crédibles et prêts à changer de politique en mettant en place des programmes de développement. Il n’y a que de cette manière que les choses pourraient vraiment changer.

Mais en attendant le jour du scrutin, les candidats continuent de plus belle leur opération de séduction dans la banlieue, et c’est aux habitants de ces localités oubliées depuis les dernières élections, de ne pas  avoir la mémoire courte. Prendre son destin en main pour changer la donne, ce n’est pas un rêve mais, c’est possible si les banlieusards eux-mêmes y croient !

Ousmane Diop

Ousmane Diop -