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La belle saison des coupures de courant

Mardi 12/05/2009 | Posté par Ousmane Diop

Face à une demande de plus en plus forte, la Senelec (Société Nationale d’Electricité) n’arrive toujours pas à approvisionner suffisamment ses abonnés. Avec la chaleur qui commence à pointer le bout de son nez, la question est dans tous les esprits : à quand le début du show des délestages?

Les populations dakaroises n’ont pas encore oublié cette période de l’année dernière où les jours se suivaient et se ressemblaient tristement pour eux avec des délestages à n'en plus en finir. Cette année, même si la situation n’est pas encore critique, beaucoup pensent que ce n’est qu’une question de temps avant que la société nationale d’électricité ne recommence à couper le disjoncteur.

Et la série plus ou moins longue de délestages qui a émaillé le mois d’avril dernier leur donne raison. C’est le cas de Cheikh Ngom, un tailleur qui exerce aux Hlm Las Palmas, un quartier situé dans la commune de Guédiawaye, dans la banlieue de Dakar : « C’est vrai que la situation est encore stable, mais je ne crois pas que cela va durer pendant toute la période de la chaleur, admet-il. Pour l’instant je travaille en toute tranquillité car il n’y a pas beaucoup de coupures de courant, sauf le mois d’avril dernier, mais je m’attends à ce que cela recommence bientôt ».

Du fait de l’expérience douloureuse que les populations ont eu l'an
dernier lorsque la chaleur commencait à se faire sentir, beaucoup de sénégalais ont déjà commencé à se procurer des groupes électrogènes. Seulement, beaucoup d’entre eux n’ont pas les moyens de faire fonctionner ces engins à chaque fois qu’ils en ont besoin. « Je me suis battu pour acheter un groupe électrogène au mois de décembre dernier, mais c'est très difficile d’acheter du gasoil à chaque fois qu’il y a un délestage », se désole Abdou Seck, un coiffeur  d’une trentaine d’années établi au quartier Notaire de Guédiawaye. Il explique avoir été contraint de l’acheter pour pouvoir faire face à la forte demande qu’il y avait chaque jour dans son atelier, à la veille de la fête de la Tabaski, où enfants et adultes se bousculent dans les salons de coiffure pour se faire beaux avant le jour J. On se souvient aussi que c’est à Guédiawaye que des imams s’étaient soulevés au mois de décembre dernier pour crier leur ras-le-bol au sujet des doubles factures d’électricité que la Senelec avait commencé à faire payer à ses clients.

Ousmane Diop

Ousmane Diop -