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La francophonie au cœur des médias

Mercredi 18/02/2009 | Posté par Papa Keita

Comment déterminer les stratégies à mettre en œuvre dans le cadre d’une formation qui réponde aux besoins des médias en Afrique ? La question a réuni, pendant trois jours, les experts du Réseau Théophraste, le réseau des institutions francophones en journalisme. Papa Keïta fait la synthèse des constats et résolutions

La francophonie est-elle dans une stratégie de reconquête des médias en Afrique francophone ? En tout cas, le sentiment de M. Emmanuel Adjovi de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) a tout son sens : « La Francophonie porte un intérêt pour les médias francophones ». Partant de l’importance et du rôle ô combien précieux des médias dans le processus de démocratisation, de bonne gouvernance et de développement, le réseau Théophraste s’est penché les 27, 28 et 29 décembre 2008, à Dakar, plus précisément au Cesti (Centre d’Etudes des Sciences et Techniques de l’Information), sur le thème « Présence francophone dans les initiatives multilatérales de formation en journalisme en Afrique ».

La rencontre a réuni un greffon de personnalités du monde médiatique représentant des institutions de formation professionnelle en journalisme : M. Abdou Latif Coulibaly, journaliste et directeur de l’Institut Supérieur des Sciences de l’Information et la Communication (ISSIC) de Dakar, le Pr. Ludovic Robert Miyouna du département des Sciences et Techniques de l’Information et de la Communication (STIC) de l’Université de Brazzaville, Mme Eugénie Rokhaya Aw-Ndiaye, directrice du Cesti et porteur du projet, Abdellatif Benfisa, enseignant-chercheur à l’Institut des Sciences de l’Information et de la Communication (ISIC) de Rabat, entre autres participants venus chercher à trouver les stratégies à mettre en œuvre pour répondre efficacement aux besoins des médias et de leur environnement.

En conviant cette pléiade de professionnels de l’information, le réseau Théophraste a comme point de mire la réponse aux nouveaux enjeux et défis qui interpellent la pratique du journalisme en Afrique et la jonction des programmes. Les experts, après avoir fait un état des lieux sans complaisance, ont découvert un manque d’engagement chez les journalistes africains, surtout les francophones, qui ont adopté une attitude de démission en offrant leurs services aux médias d’Etat pour des raisons statutaires. L’autre écueil qui plombe les ailes des médias en Afrique, c’est le déficit de fonctionnaires aptes à gérer les grilles de programmes qui se manifestent par leurs faiblesses au regard de l’ampleur des activités liées à ce secteur important. La non-disponibilité de financements et souvent la rupture au niveau de la coopération ou des partenariats bilatéraux et multilatéraux, ajouté à la prolifération des écoles privées de formation en journalisme et communication foulant au pied les normes élémentaires d’enseignement, sont aussi autant de tâches noires qu’il faudrait gommer.

Cependant, les griefs soulevés par les experts du réseau Théophraste ne sont pas des ravins infranchissables et insurmontables. Il existe des initiatives, dans certains centres de formation, qui aident les étudiants à mieux intégrer le milieu professionnel. Une batterie de mesures a été préconisée, parmi lesquelles on peut retenir : l’implication des étudiants dans les activités du réseau à travers l’animation et la réalisation de travaux, entretenir avec le secteur privé des relations permanentes pour générer des ressources sur la base d’échanges des services, le développement de partenariats avec les centres de formation avec une large fenêtre ouverte aux écoles anglophones en journalisme et communication, tout en donnant une part importante aux langues nationales dans le cursus d’enseignement du journalisme et en reconnaissant la nécessité de promouvoir les radios communautaires qui sont à même de mieux de comprendre les réalités locales.

Des critiques ont été énoncées à l’endroit de l’Union Africaine qui brille par son inertie et son manque d’initiative. Elle est invitée, par les experts, à s’inspirer du modèle européen plus enclin à s’imprégner des réalités qui touchent les médias en Afrique.

Papa Keita -