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La future autoroute n’a pas épargné l’atelier de Modou
Jeudi 10/09/2009 | Posté par Mamadou Sané
Modou se voit obliger de déguerpir sous pression policière. La construction de l’autoroute nécessite la démolition de son atelier qui constituait jusqu’ici le lieu de son gagne-pain et celui de ses nombreux employés
Modou Fall n’a plus que ses yeux pour pleurer à chaudes larmes. Son magasin de pièces détachées auto a été tout simplement rasé par des caterpillars un beau matin. Alors qu’il était en train de prendre tranquillement son petit déjeuner dans une des nombreuses gargotes non loin de son lieu de travail, on l’informa qu’il doit aller aménager ailleurs car pour les besoins d’aération de la future autoroute à péage son magasin doit disparaître. Il fut alors ahuri par cette décision qui émanait des autorités municipales.
C’est ainsi qu’il assistera impuissant à la démolition de ce qui faisait toujours sa fierté. Il a cependant pris le temps d’évacuer toute sa marchandise qui comprend des pièces détachées automobiles. Tout ce dont on a besoin pour une voiture. Un véritable travail abattu. Cela a nécessité la location de camions gros porteurs avec des va-et-vient toute la journée. Avec l’aide de ses employés, il a vidé son magasin sans trop perdre de temps. La destruction s’est faite sous l’œil vigilant des forces de l’ordre déployées par dizaine tout le long de la route. Elles sont chargées de s’assurer que tous ceux qui sont priés de plier bagages obéissent sans traîner.
Modou employait sept personnes dans son magasin pour la vente des pièces détachées sans compter les mécaniciens qui assuraient le montage de celles-ci aux clients. C’est plus qu’un simple magasin qu’il détenait. C’est une véritable entreprise qui vient de s’effondrer sous ses yeux. Ce qui lui a nécessité des années d’économie et de persévérance. Aujourd’hui, il se retrouve avec toute son équipe au chômage technique en attendant de trouver de nouveaux lieux où ils pourraient aménager tranquillement sans risque d’être délogés un beau jour. Ce qui l’agace le plus, ce qu’ils ne font que détruire des dizaines de magasins et ateliers sans entamer automatiquement après les travaux de construction de l’autoroute. Les populations riveraines viennent elles récupérer les débris qui leur servira de barrages ou de digue de protection contre les inondations. Le malheur des uns faisant le bonheur des autres.
Mais il n’est pas le seul à subir la loi du plus fort. Ses voisins ont également subi le même sort. Il leur est reproché selon l’un d’entre eux l’occupation illégale de la voirie. Même s’ils n’en disconviennent pas, ils déplorent le délai très court qui leur a été accordé pour quitter les lieux avant d’être obligés de le faire par la force. Pour l’instant, Modou comme la plupart des commerçants et autres prestataires de services devront aller se reposer pendant quelques jours, le temps que ce sombre nuage se dissipe pour voir un peu plus clair.
La construction de la nouvelle autoroute à péage sans doute le plus gigantesque des rêves du président Wade ne fait pas que des heureux. Si tous les automobilistes s’en réjouissent, les nombreux débrouillards qu’ils voyaient des deux cotés de la route et qui ont fini de plier bagages, payent cher le prix.
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Réactions des internautes
Jeudi 10 Septembre 2009, 15:15
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Ce gouvernement ne fait que démolir et ne con struit jamais. On n'est pas près de voir cette autoroute s'achever à temps. Puisqu'il est plus facile de détruire que de construire, l'Etat du Sénégal ne s'en prive pas. Merci de grossir le rang des chômeurs.Répondre -
Jeudi 10 Septembre 2009, 15:35
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Les commerçants n'ont qu'à cesser d'occuper illégalement la rue. S'ils étaient en règle on les aurait relogé ailleurs. Vous ne pensez pas?Répondre -