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La presse burkinabée est-elle indépendante ?
Vendredi 05/12/2008 | Posté par Ousmane Diop
Pendant que les professionnels de l’information et de la communication venus de beaucoup de pays d’Afrique et d’Europe échangeaient des idées, les habitants de Ouagadougou continuaient de vaquer à leurs activités. Néanmoins, ils ont leur opinion sur la presse et ses acteurs
Profitant de la pause-déjeuner, j’ai marché jusqu’à quelques mètres du Centre National des Arts, du Spectacle et de l’Audiovisuel où se déroule la rencontre des Universités Africaines de la Communication (UACO). Je rencontre Amadou qui tient un garage de réparation de motos situé sur l’Avenue Thomas Sankara. Agé d’une quarantaine d’années, l’homme aux cheveux poivre-sel est agenouillé devant une moto qu’il répare avec son apprenti beaucoup moins âgé que lui. « J’en ai entendu parler, mais à part ça je ne sais pas trop ce qui est discuté », répond-t-il à la question de savoir s’il était au courant de la tenue des UACO. Il avoue être plus préoccupé par son boulot que par une quelconque conférence pour discuter des médias : « J’ai assez de choses à réparer pour me permettre de me préoccuper d’autres choses ».
Derrière le garage d’Amadou, Abdoulaye, un jeune burkinabé est assis devant sa cantine où il a une machine de reliure. De teint clair, écouteurs aux oreilles, il se dit être au courant de la rencontre des professionnels de la communication qu’il juge très bénéfique. « Je suis l’actualité de la conférence car je suis très intéressé par tout ce qui touche aux médias », me dit-il avec beaucoup de courtoisie. Et quant à la liberté de la presse dans son pays, il admet que les journalistes ne sont pas persécutés par le pouvoir mais estime qu’il reste des choses à améliorer relativement à l’indépendance de ces derniers.
A la fin du deuxième jour de la conférence, j’ai approché deux étudiants de l’Université de Ouagadougou. L’un d’eux, Alassane, juge que « la presse burkinabé ne répond pas souvent aux attentes ». Pour justifier son commentaire, il donne l’exemple du mois d’octobre dernier où le Président de la République du Faso, M. Blaise Compaoré, fêtait ses 20 ans au pouvoir, date qui coïncidait avec la commémoration du décès de Thomas Sankara. Ce jour, dit-il : « La RTB [Ndlr : Radiodiffusion Télévision du Burkina] avait consacré une page entière au Chef de l’Etat, reléguant au second plan la date anniversaire de la mort de l’ancien Président de la République burkinabé. C’est totalement déloyal de la part de la télévision nationale ». Même son de cloche chez son ami qui pense que les journalistes burkinabé font face à des barrières qui les empêchent de faire correctement leur travail.
Mais, la chose que j’ai retenue de ces rencontres a été le fait que toutes les personnes que j’ai interrogées éprouvent le même sentiment à l’égard de la presse burkinabé, car ils estiment tous que les journalistes ne sont pas assez libres pour faire leur travail et qu’en principe la liberté de presse n’existe pas au Burkina Faso, contrairement à ce qui se dit.
Et, cela s’avère être en totale contradiction avec ce qui se disait le matin, dans la salle de conférence, au cours de l’atelier sur "Les conditions juridiques et des institutionnelles du professionnalisme des médias". Sur la base des débats, j’avais cru que la population penserait que les journalistes burkinabés étaient assez libres d’exercer pleinement leur travail.
Ces rencontres m’ont permis de constater que la presse du Burkina Faso rencontre les mêmes difficultés que la presse sénégalaise. Il y a une certaine pression qui n’est pas propice à de conditions leur permettant de jouer pleinement leur rôle au sein de la société : informer en toute liberté.
Ousmane Diop
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Réactions des internautes
Mercredi 10 Décembre 2008, 14:46
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Et si tu posais la question directement à quelques journalistes de là-bas. Au fait, t'as fait un tour à Ouaga 2000? T'en aurais des choses a raconter !Répondre -