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La révolte du silence : « Diplômes et insertion pour nous calmer ! »

Dimanche 30/01/2011 | Posté par Idelette Bissuu

Faire des études aujourd’hui est-il encore synonyme d’insertion sociale? En tout cas, le ras-le-bol se fait entendre ces jours ci à l’Ecole Nationale de Développement Social et Sanitaire.

Jeudi 27 janvier : les étudiants de l’Ecole Nationale de Développement Social et Sanitaire  (ENDSS), se sont  vus expulser de leur école.  Aucune autre force ne semble être maître des lieux si ce n’est les hommes en casques,  tous de bleu vêtu,  traînant avec eux  armures et autres artifices de protection : c’est la police. Ne sachant où aller, mais surtout hésitant entre se rendre au ministère de la santé ou à une chaîne de télévision pour se faire entendre, les étudiants trouvent refuge au sein de l’université, où ils  élaborent une stratégie pour porter haut leurs préoccupations. Finalement, les médias semblent être le support qui pourrait faire l’affaire !

«Nous sommes en grève depuis une semaine.
Jusqu’à présent,  nous n’avions usé d’aucun moyen de violence.  Mais nous avons vu environ quarante hommes en tenue entrer dans nos locaux et d’un geste simple nous faire sortir de là»; laisse entendre un étudiant  de  troisième année - assistance sociale.  Quand on lui demande les causes de ce mouvement de grève, c’est avec un mélange d’amertume, de  fureur et de passion qu’il déclare : «Nous voulons une garantie d’emploi après la formation, nous voulons officiellement recevoir nos diplômes (…)».

Comme cela l’était de coutume, au sortir de cette école, un emploi était assuré aux récipiendaires. Aujourd’hui, il n’y a plus l’ombre d’une assurance d’insertion sociale. A cela s’ajoute et ceci depuis bientôt trois ans, la quasi-absence d’une cérémonie de remise de diplômes. Les étudiants vont plus loin et dénoncent le fait que ce sont les non sénégalais qui ont plus accès à l’internat de l’école. Ils disent que «  et pourtant, nous devrions y loger gratuitement ! ». En poussant le bouchon plus loin, ils vont même jusqu’à laisser entendre  que « l’école est devenue comme un hôtel » ! D’après eux, où aucun centime ne devrait être versé, les non sénégalais font le "geste". Face à ces déclarations, nous n’avons pas pu rencontrer l’administration pour une éventuelle confrontation d’idées  car, la police  présente sur les lieux, est l’obstacle que nous n’avons pas pu franchir.  Quelques menaces nous ont même été dites et nous nous sommes vus renvoyer comme ces étudiants.

Vendredi 28 janvier : par téléphone, le secrétaire général de l’amicale de l’ENDSS précise que « la police a fait un blocus à l’entrée  de l’école. Une fois de plus, les étudiants ont dû replier au sein de l’université.  Au sortir de là, ils ont employé les stratégies de résistance et de violence  habituelles des étudiants, c’est-à-dire,  barrer la voie centrale de l’Université, brûler les pneus et enchaîner avec les jets de pierres. »  La riposte était sans appel car, les bombes lacrymogènes sont une fois de plus sorties de leurs canons.  

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Idelette Bissuu -