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La sécurité pour 2000 Francs Cfa par mois

Lundi 03/11/2008 | Posté par Ousmane Diop

Il y a des métiers qui permettent de gagner sa vie décemment, mais qui ne vont pas sans risques, notamment celui de gardien de nuit. Au quartier Notaire, dans la commune de Guédiawaye, située en pleine banlieue et connue pour ses multiples cas d’agression, un groupe d’hommes s’est engagé à veiller au grain pendant la nuit

Le phénomène a connu son expansion au milieu des années 90 avec la création un peu partout de petits groupes de vigiles dans les quartiers où beaucoup de jeunes étaient sans emploi. La première raison de leur naissance est la multiplication de vols (bétail, ustensiles de cuisine, bouteille de gaz, chaises, etc.) qui commençait à prendre une grande ampleur, favorisée surtout par l’impuissance des autorités à mettre les moyens nécessaires pour le stopper.

C’est ainsi qu’est né à Pikine, Guédiawaye, Parcelles Assainies, Diamaguène, Grand Yoff, Grand Dakar, etc., localités ou habitent les populations les plus défavorisées de Dakar un véritable engouement pour cette activité. Au quartier Notaire, il y avait eu une cellule de gardiennage il y a quelques années, mais celle-ci n’avait pas existée pendant longtemps et a disparue au bout de quelques mois car toutes les maisons ne payaient pas régulièrement. Ce n’est que depuis le début de cette année qu’une nouvelle structure a été mise en place par un autre groupe d’hommes dont la plupart n’ont pas d’emploi fixe.

Pour commencer, leur responsable a fait le tour du quartier pour demander aux chefs de famille qui étaient intéressés de s’inscrire pour que son équipe veille sur leurs maisons pendant la nuit. Ainsi, chaque nuit, les gardiens sillonnent tour à tour le quartier jusqu’à l’aube, l’heure à laquelle les gens sortent de chez eux pour aller au boulot. A la fin de chaque mois, leur responsable fait le tour de toutes les maisons qui se sont engagées pour récupérer la mensualité fixée à 2000 Francs Cfa (3 euros). Mais, ils rencontrent d’énormes difficultés pour l’exécution de leur travail. Par exemple, certains malins, dont les demeures ne sont pas inscrites, mais sachant que les maisons qui sont autour de la sienne le sont, profitent de cette situation et refusent de payer car disent-ils souvent : « si la maison d’à côté est protégée, la mienne l’est aussi ».

Aussi, les personnes qui sont chargées de veiller, la nuit, sur la sécurité du quartier n’ont pas de matériels pour faire leur travail correctement. Gourdins, machettes et haches sont les armes qu’ils utilisent souvent. Depuis quelque temps, il y a une nette augmentation des cas d’agressions, notamment avec la mort d’au moins cinq personnes, dont deux femmes, en l’espace d’un mois (août). Ce qui avait amené la police à durcir le ton en procédant à l’arrestation, à partir de 23h, de toute personne qui n’était pas en possession de sa carte nationale d’identité.

En définitive, la création de ces structures a permis de faire diminuer considérablement les vols, mais les agressions persistent toujours car leurs auteurs choisissent bien les moments et les lieux propices pour passer à l’action, aidés en cela par les nombreux délestages électriques.

Ousmane Diop -