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La société civile et les intellectuels unis contre Gbagbo
Mardi 18/01/2011 | Posté par Papa Keita
La Côte-d’Ivoire n’est pas encore sortie de l’impasse. Cela, du fait de l’entêtement de Laurent Gbagbo, qui refuse de céder son fauteuil au président élu, Alassane Dramane Ouattara. La société civile sénégalaise et les intellectuels entendent faire bloc pour barrer la route à ce hold-up électoral. Pour eux, si la jurisprudence Gbagbo passe, c’en est fini de la crédibilité des élections en Afrique
Presque deux mois après le scrutin du 28 Novembre dernier, la Côte-d’Ivoire est toujours dans l’impasse. Le président élu démocratiquement, Alassane Dramane Ouattara, peine toujours à retrouver son fauteuil, que confisque irrégulièrement Laurent Gbagbo, battu. Cette situation ubuesque a fini d’exaspérer tout le monde. Y compris la société civile et les intellectuels sénégalais. Réunis au siège de la Raddho, ils ont tous condamné le hold-up électoral du "Boulanger".Pour Alioune Tine, secrétaire général de la Raddho, la crise n’a que trop duré. Et au regard des nombreux morts sur le terrain, 248 selon les chiffres de la Communauté internationale, il est temps qu’une solution soit vite trouvée. "Tous les jours que Dieu fait, on tue en silence en Côte-d’Ivoire", s’alarme-t-il. Avant de se désoler des nombreuses médiations qui, au finish, n’ont rien donné. Sinon conforter le pouvoir de Gbagbo. "Si cette escroquerie passe, cela va ôter toute crédibilité à une élection sur le Continent africain", prédit-il.
Tout aussi amère qu’Alioune Tine, Aïda Mbodji, députée à l’Assemblée nationale. Selon elle, on a assez donné de temps et de chance à Gbagbo pour sortir dignement et par la grande porte. Mais c’est comme si le principal concerné nargue son monde. "Il n’y a plus rien à négocier. Il y a une victoire, il faut qu’on tranche. Un pays ne peut pas avoir deux présidents", indique-t-elle. Tout en invitant le président sortant à se faire violence, en acceptant sa défaite.
"Cette situation ne peut plus continuer", s’indigne Me Assane Dioma Ndiaye. Qui redoute qu’on fasse table-rase de tous les crimes de sang sur l’autel des accords politiques. "On ne peut laisser tous ces morts passer par pertes et profits. On sait qui fait quoi", poursuit-il, complètement désabusé. Dénonçant au passage la duplicité de certains chefs d’Etat, qui disent une chose aujourd’hui et le contraire demain. "On ne devait pas tolérer cette situation pendant plus de vingt-quatre heures. Une opération commando avec dix morts vaut mieux qu’on laisse la situation pourrir avec à la clé la mort de milliers de civils".
Sans langue de bois, la sociologue et chercheuse à l’Université de Dakar, Fatou Sow Sarr, qualifie de "lâche " l’attitude des dirigeants, qui n’osent pas défier l’autoritarisme de Gbagbo. Parce que tout simplement, il a menacé de sévir contre les ressortissants de certains pays voisins. "Le silence des chefs d’Etat, du fait simplement qu’on menace leurs ressortissants, ne peut être qualifié que d’attitude lâche", tempête-t-elle.
Pour comprendre l’entêtement de Laurent Gbagbo, Abdou Aziz Tall, membre du Mouvement citoyen "Yémalé " de Bara Tall, invite à une interprétation de la relation que les dirigeants ont avec le pouvoir. Selon lui, l’implication du clan, de la famille dans les affaires publiques menace la stabilité de beaucoup de pays africains. Tous les chefs d’Etat, à l’instar de Gbagbo, qui sont tombés dans ce travers, assure-t-il, deviennent l’otage de leur entourage. A cet effet, il a préconisé une séparation nette des liens de sang d’avec la gestion des Etats.
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Par Anonyme