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« La soirée caritative m’a coûtée près de 9 millions pour 2 millions de bénéfice »
Lundi 02/05/2011 | Posté par Mamadou Sane
La soirée de gala caritative organisée le 09 avril dernier en faveur des démunis est pour Adiouza un bon départ pour ses boutiques sociales. Dans cet entretien, l’artiste fait le bilan de son projet et les prochaines étapes avant l’ouverture de la première boutique en septembre.
Actuellement nous sommes dans des démarches de recherche de partenaires. Après la soirée caritative, beaucoup d’industries agroalimentaires nous ont appelés pour nous exprimer leur souhait de participer à cet élan de solidarité et nous aider à ouvrir la première boutique prévue, je précise bien, en septembre 2011. Ce n’est pas pour tout de suite parce qu’il y a des gens qui m’appellent pour savoir quand cette boutique sera réellement lancée. Nous sommes encore dans la phase de collecte et la soirée de gala que nous venons d’organiser entrait dans ce cadre. Et c’était vraiment difficile je l’avoue parce que beaucoup nous disaient que c’est impossible de convaincre tout le monde à railler notre cause en si peu de temps. Vous savez qu’au Sénégal les gens promettent beaucoup mais rien ne se passe après.
Qu’avez-vous récolté au terme de cette soirée caritative pour ce projet ?
Nous avons encaissé 12.610.000 FCFA entre la vente des cartes et les entrées le jour de la soirée, la vente aux enchères de quelques objets, les enveloppes surprises ainsi que de petites aides glanées ça et là. Par contre, nous avons dépensé pour l’organisation de cette manifestation près de 9 millions FCFA. Ce qui fait que pour l’instant, nous avons un bénéfice d’un peu plus de 2 millions. Et je vous signale qu’il y a toujours des gens qui avaient pris des cartons mais qui tardent à les payer. Nous courons toujours après ces recouvrements. Ces gens font partie des autorités de ce pays même s’ils n’étaient pas présentes à la soirée mais ils se sont fait représenter.
Est-ce que vous êtes entrés en contacts avec ces autorités ?
Nous ne cessons de les appeler mais ils ne décrochent jamais. Vous savez comment ils sont. Je ne m’attendais pas du tout à ce scénario où nous serons obligés de courir derrière le paiement de nos cartons des jours après. Nous attendons qu’ils nous donnent ce qu’ils nous doivent.
Quelle est la prochaine étape dans l’élaboration de ce projet ?
Nous sommes en train de préparer une tournée nationale qui est prévue au mois de juin pour la structure « Social solidaire Sénégal ». J’animerai une série de concerts dans certaines localités de l’intérieur du pays comme Thiès, Kaolack, Saint-Louis…et à Dakar. A ce sujet, il y a une structure qui s’en occupe. Toutes les recettes qui seront tirées de cette manifestation seront destinées à financer l’association. Le seul couac pour le moment est que tout reste encore au stade de promesse, rien de concret. Mais nous avons décidé d’y aller sans attendre qui que ce soit car ce projet nous tient à cœur.
Quelles sont les marchandises qui seront proposées et comment identifier les familles démunies dont ces boutiques sont destinées ?
Déjà pour les marchandises, tout va dépendre des négociations avec nos partenaires dont des propriétaires d’industries agroalimentaires. Suivant les prix qu’ils nous proposeront, nous saurons comment revendre moins cher aux nécessiteux, comparé aux tarifs en vigueur dans les autres boutiques. Nous visons quatre denrées alimentaires à savoir le riz, l’huile, le sucre et le lait. Pour identifier les personnes qui sont vraiment nécessiteuses, il y a « Caritas Sénégal » qui fournit beaucoup d’informations sur les familles sénégalaises ainsi que d’autres organisations. Nous irons les voir pour qu’ils nous aident à avoir une idée sur ces personnes à qui nous destinons ces boutiques car nous voulons tout faire dans la transparence et l’équité.
Qu’est-ce qu’il vous faut réellement pour lancer cette première boutique ?
Tout dépend du soutien des gens. S’ils veulent vraiment nous aider ils peuvent le faire en nature par exemple. Nous n’excluons rien. Recueillir des fonds peut aussi nous permettre de faire des achats chez des fournisseurs. Pour ne pas aussi avoir à tendre la main tout le temps, nous devons faire de sorte que les boutiques tournent normalement.
Qu’en est-il des trois tonnes de riz promis par le ministre de la Solidarité lors de la soirée?
Jusque-là nous n’avons encore rien reçu. Ils nous disent qu’ils sont en train de faire le suivi. Mais j’espère qu’ils nous parviendront en fin de compte.
Qu’est-ce qui explique cette fréquente navette entre Paris et Dakar ?
J’ai beaucoup d’activité là-bas et j’en ai profité pour faire la promotion de ce projet. C’est pour cela que je vais bientôt rencontrer la mairie de Paris et le Conseil régional pour leur présenter ce que j’ai envie de réaliser au Sénégal. Cela me permettra d’ouvrir d’autres portes à la recherche de potentiels nouveaux partenaires pouvant nous être utiles.
Est-ce que vos frères et sœurs artistes vous soutiennent financièrement ?
Bien sûr ! Ils pensent prochainement à s’impliquer dans ce projet. A l’ouverture de la première boutique, nous les inviterons et ils se feront le plaisir de nous accompagner. Déjà leur participation a été remarquable lors de la soirée. Je leur en remercie beaucoup.
Dans quoi êtes-vous actuellement musicalement parlant ?
Nous sommes en train de préparer le deuxième single de mon album qui doit sortir début mai. Nous sommes aussi en plein tournage d’un nouveau clip, sans oublier les dates se spectacle prévues à Paris durant le mois de mai.
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Par Anonyme