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Le Campus Business encore au ralenti
Mardi 28/10/2008 | Posté par René L. Fonséca
Nous revoilà sur le campus de l’Université. Certains étudiants ont démarré leurs cours, le campus est de nouveau ouvert, mais les affaires des commerçants redémarrent difficilement
Le campus de l’Université Cheikh Anta de Dakar s’est rouvert aux affaires pour les commerçants (boutiquiers, gérants de centres multiservices, photographes, petits restaurants, etc.) qui ont été purement et simplement sommés de quitter les lieux pendant les grandes vacances, leur valant un congé forcé durant près de deux mois. A l’intérieur du campus, l’ambiance est assez calme. Les étudiants font des va-et-vient incessants, d’autres sont debout à l’ombre des arbres. Quelques uns, quant à eux, suivent la petite queue menant au restaurant argentin (l’un des restaurants universitaires) pour le repas de midi. Les cantines sont ouvertes au grand bonheur des étudiants qui ont démarré les cours.
C’est le cas de cette étudiante qui se dit très heureuse de ne plus parcourir des centaines de mètres pour un petit quelque chose. Du côté des commerçants par contre c’est la période des vaches maigres. C’est du moins l’avis de Salif Dath, il est photographe au campus depuis plus de cinq ans : «Vraiment les affaires ne marchent pas pour l’instant, surtout pour nous les photographes peut être que c’est les détenteurs d’appareils numériques qui raflent la mise. Mais c’est dur pour nous. Vraiment dur ! », estime-t-il d’une voix basse. Le vendeur de journaux installé à proximité partage le même avis, pour lui rien ne marche pour l’instant : « Chaque jour les étudiants ne font que lire les premières pages des journaux avant de rebrousser chemin, mais quelques rares personnes achètent mes journaux quand même ».
Même constat chez les boutiquiers et gérants de kiosques multiservices (photocopies, reliures, etc.) que j’ai rencontré. Le campus est comme ont dirait paralysé, les affaires marchent au ralenti. La plupart des étudiants démarrent leurs cours au mois de novembre. Je décide de me rendre au seuil du campus universitaire. Ici règne une ambiance de marché, on se croit être dans l’un des marchés les plus fréquentés de Dakar. Des vendeurs de cartes de recharges de crédit téléphonique et autres détaillants sont assis à l’entrée. On retrouve également des vendeurs de café, de sachets d’eau et de jus, sans oublier les mendiants qui déambulent à la quête de pièces de monnaie. Les voitures défilent laissant dans l’air une fumée âcre et polluante.
Contrairement aux commerçants qui se trouvent à l’intérieur du campus, ces marchands se frottent les mains : « Les affaires marchent à merveille car les étudiants sont de grands consommateurs de crédit de téléphone mobile », m’explique ce vendeur de carte de recharge habillé avec une casquette et un t-shirt à l’effigie d’une entreprise de téléphonie mobile de la place. La satisfaction se lit sur le visage de ces commerçants très contents de leurs affaires apparemment : « j’espère que cela va continuer », me dit l’un d’eux avant de servir sa clientèle.
Le campus commence petit à petit à se remplir de ses étudiants. Certains pavillons sont même actuellement occupés et ceci pour une durée déterminée en attendant les codifications pour d’éventuelles officialisations d’occupation de chambres. Mais, la grande majorité des étudiants et surtout les nouveaux bacheliers n’ont pas encore débuté leur cours. Les commerçants et autres businessmen devront encore prendre leur mal en patience.
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Par MG