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Le casse-tête des salons de coiffure
Jeudi 22/01/2009 | Posté par Aicha Senghor et Awa Ndiaye
Depuis quelques années, la mode est à l’ouverture de salons de coiffure. Il y en a à tous les coins de rue. Awa et Aïcha se sont intéressées à leur viabilité
Les salons de coiffure foisonnent à Dakar. Désormais salon de coiffure ne rime plus avec luxe puisqu’ils pullulent dans la capitale. Fini le temps où l’on se faisait faire des coupes par des "coiffeuses" du quartier. Mais, il faut maintenant il faut aussi mettre la main a la poche. Nous avons fait un tour au Point-E, quartier voisin de l'Université Cheikh Anta Diop, où il y'en a une pléthore, allant du plus sophistiqué et spacieux au plus vétuste et exigu. Quelle est la raison de cette prolifération si l'on sait que le capital pour ouvrir un salon n'est pas à la portée de tous : il dépasse souvent le million de Francs Cfa (1500 euros) ?
Nestor, le propriétaire de Nestor Coiffure, nous dit que « Tout le monde doit exercer un métier pour assurer son quotidien, raison pour laquelle le domaine de la coiffure intéresse plus d'une personne qui espèrent y trouver leur gagne pain ». Ce pari sur la coiffure s'explique par le fait que les femmes sénégalaises sont attirées par tout ce qui est esthétique et qui a trait à la beauté. La coiffure serait donc un moyen parfait, pour ne pas dire idéal, pour se faire de l'argent. Mariam, de Cristal Coiffure, sis à la Zone B, nous donne un autre motif de cette multiplication : « Toutes les jeunes filles qui n'ont pas réussi dans le milieu scolaire optent pour la coiffure et, une fois leur diplôme en poche [Ndlr : diplôme d’école privée de formation en coiffure], veulent coûte que coûte ouvrir un salon ». Encore que certaines ouvrent des salons sans aucune expérience du métier mais juste parce qu'elles en ont les moyens. Avec cette prolifération, le métier devient de moins en moins lucratif. C'est en ce sens que Aïcha, gérante de MA' Coiffure, souligne que : « La clientèle a beaucoup diminué et que le salon marche moins qu'à ses débuts ». Partout les avis sont les mêmes concernant le manque à gagner actuel et la raréfaction de la clientèle : crise économique oblige ! De plus, les charges sont nombreuses et leurs coûts élevés : loyer, l'électricité, équipements et produits. Il faut aussi dire que le succès remporté par les perruques constitue un sérieux concurrent aux salons de coiffure. Certains ne souffrent pas trop du loyer parce qu'ils ont leur local au sein de leur domicile.
Dès lors, il y a de quoi se demander comment font les propriétaires pour s'en sortir, dans ce contexte de concurrence. Pour joindre les deux bouts, Alima, gérante de Styléna coiffure, situé dans le quartier huppé du Point E, nous confie que parallèlement elle fait du commerce. Comme si elles s'étaient passées le mot, Madame Samb, du Complexe Zaquia, déclare : « En plus de la coiffure, je vends du prêt-à-porter et des accessoires et je projette d'ouvrir une école de coiffure et de couture ». Madame Aïda Tall, du salon Ndèye Coumba, évolue dans le même sillage, faire un petit commerce pour espérer récupérer ce qu'elle perd dans la coiffure mais, elle nous avouera également qu'elle donne des cours à l'Ecole Internationale de Coiffure (EIC) pour pouvoir payer à la fin du mois ses employées du salon. Par ailleurs, l'ouverture de complexes à activités multiples fait également l'affaire des propriétaires de salons de coiffure. Tel est le cas de la propriétaire de Ma' Coiffure qui a jumelé son salon de coiffure avec un salon de beauté (Ma'Beauté) pour les soins du corps, du visage et le traitement de cheveux mais aussi une boutique (Ma'Boutique) où l'on vend des produits cosmétiques et des accessoires pour le plus grand plaisir de la gente féminine.
Malgré un marché étroit qui pousse certains propriétaires à mettre la clé sous le paillasson, d'autres tiennent le coup tant bien que mal en y associant d'autres activités plus ou moins lucratives afin de s'en sortir. Finalement, le commerce, l'ouverture de complexes de beauté et d'écoles de formations aident à atténuer la menace que constitue le foisonnement des salons de coiffure. Par ailleurs, avec toutes les écoles de formation en coiffure qui commencent à s'implanter un peu partout, ne risquons-nous pas, dans un futur proche, d'assister à la répétition du même problème de prolifération auquel sont présentement confrontés les salons de coiffure?
Aïcha Senghor et Awa Ndiaye
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Réactions des internautes
Samedi 24 Janvier 2009, 14:20
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c'est génial.En France, après la prolifération des salons de coiffure on a eu droit aux ongleries . pensez y les filles!
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