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Le Dakar-Conakry qui m’a fait perdre du poids
Jeudi 16/07/2009 | Posté par Amara Soumah
Les vacances viennent de commencer et il est temps pour Amara de rentrer à Conakry après avoir passé 8 mois au Sénégal. Le bus qui doit l’amener à Manda a pris le départ lundi 29 juin 2009 à 19h depuis la gare routière du marché Tilène de Dakar. Récit d’un périple
Ce qui m’a d’abord étonné pendant ce voyage c’est le manque de contrôle des deux côtés de la frontière. Du Sénégal à la Guinée aucun contrôle n’a été fait par les gendarmes ou encore les douaniers. A chaque barrage, il n’y avait que le chauffeur qui descendait pour aller donner de l’argent. Quand il revenait à la voiture, il nous disait la somme qu’il a donnée. C’est ce que l’on appelle contrôle à nos frontières, prendre de l’argent avec les chauffeurs et les laisser passer sans pour autant chercher à savoir ce que ces derniers transportent. Avec cela, on parle de lutte contre la drogue et les stupéfiants, surtout du côté guinéen avec l’avènement du Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD).
Si tout se passait bien, on devait être à destination le lendemain à 8h. Très malheureusement, dès Kaolack, notre bus est tombé en panne aux environs de 23h. Nous avons ainsi passé la nuit dans cette localité, en compagnie des moustiques bien sûr. Les commerçantes qui était avec nous n’ont pas laissé passer l’occasion pour insulter le chauffeur et ses apprentis, les accusant de faire exprès parce qu’ils auraient du, selon elles, contrôler le véhicule avant de prendre le départ. Ne pouvant plus continuer le voyage, le chauffeur a fait appel à un autre bus qui est arrivé au environ de 7h le lendemain matin. Nous avons ainsi bougé de Kaolack à 9h pour arriver à Manda vers 17h. De 17h à 19h, les bagages ont été transportés dans des taxis à destination de Conakry.
Certains chauffeurs sont partis de Manda à cette heure pour passer la nuit à la frontière guinéenne. Le nôtre, pour des raisons de sécurité, selon lui, a décidé de ne bouger que le lendemain à 5h. C’est ainsi qu’il nous a amené chez un de ses amis où il a « aménagé » des nattes, sous un hangar, pour les femmes. Quant aux hommes, il nous a fallu nous trouver une place dans la voiture. Ainsi, pour la première fois de ma vie, je passais la nuit dans un véhicule. Je n’ai pas fermé l’oeil de la nuit à cause de la chaleur et des moustiques encore une fois. Après cette nuit inoubliable, nous avons quitté Manda à 5h, destination Conakry. Le voyage vers Conakry nous a coûté trois crevaisons en cours de route, ce qui nous a fait traîner aussi très longtemps. D’ailleurs, nous avons passé trois heures à Boké (de 23h à 2h) avant de dépanner la dernière crevaison. Nous ne sommes arrivés à Conakry que le jeudi alors que nous aurions dû atteindre la capitale guinéenne dans la nuit du mardi si tout s’était bien passé.
Pour finir, ce qui m’a impressionné pendant ce voyage c’est le lien de fraternité qui s’est établi entre les passagers pendant ces moments difficiles, comme si nous nous connaissions depuis longtemps.
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Par Anonyme